﴾ We have set on their necks shackles reaching to the chins, so their heads are forced up. ﴿
Jaʿala (root j-ʿ-l) denotes the assigning of an existing thing to a function or a state, not a bringing into being out of nothing. The shackles set on the necks are therefore a picture of their state after the word came true upon them (verse 7): when they persisted in heedlessness their hearts closed, and that closure became like a collar girding the neck. A ghull (root gh-l-l) is what encircles and holds back movement, and from the same root comes ghill, the rancour that knots in the chest. The neck is the place of turning and of bowing; once it is collared, its owner is kept from turning and from lowering his head to see what is around him.
"Reaching to the chins": the shackles run from the neck up to the chin, gathering the hand to the throat and lifting the head. Muqmaḥ (root q-m-ḥ) is one whose head has been forced up so that he lowers his gaze or shuts his lid, like a camel that refuses the water and throws its head back. The picture is of one whose head is compelled to rise until he can look neither ahead of him nor below him, who neither sees the standing path (verse 4) nor bends to humble himself. This is a structural picture of the state of the persistent, arrogant one: a pride that lifts the head and so veils sight, and a closure that collars the neck and so forbids turning.
The verse draws the state of those upon whom the word came true in a tangible image: shackles on the necks, reaching up to the chins, forcing the heads to rise. Jaʿala (j-ʿ-l) is the assigning of a state, not the bringing of a thing out of nothing, so the collar is a picture of the heart closing after persistence in heedlessness. A ghull (gh-l-l) is what encircles and holds back movement, and the neck is the place of turning and of bowing, so once it is collared both the turning and the bowing are barred. Muqmaḥ (q-m-ḥ), for its part, is one whose head has been forced up so that he lowers his gaze. The picture, then, is that of the arrogant one: a pride that lifts the head and so veils what is ahead of him and what is beneath him, so that he neither sees the standing ṣirāṭ nor bends to it. It is a state that followed upon their persistence and their deed.
﴾ Nous avons mis à leurs cous des carcans jusqu'aux mentons : leurs têtes sont relevées de force. ﴿
Jaʿala (racine j-ʿ-l) c'est affecter une chose existante à une fonction ou à un état, non la faire venir du néant. Les carcans posés sur les cous sont donc une image de leur état après que la parole se fut avérée contre eux (verset 7) : lorsqu'ils ont persisté dans l'insouciance, leurs cœurs se sont fermés, et cette fermeture est devenue comme un collier qui ceint le cou. Un ghull (racine gh-l-l) est ce qui encercle et retient le mouvement, et de la même racine vient ghill, la rancune qui se noue dans la poitrine. Le cou est le lieu où l'on se tourne et où l'on s'incline ; une fois enchaîné, son porteur est empêché de se tourner et de baisser la tête pour voir ce qui l'entoure.
« Jusqu'aux mentons » : les carcans montent du cou au menton, ramènent la main à la gorge et relèvent la tête. Muqmaḥ (racine q-m-ḥ) est celui dont la tête a été redressée de force au point qu'il baisse le regard ou ferme la paupière, tel le chameau qui refuse l'eau et rejette la tête en arrière. L'image est celle d'un être dont la tête est contrainte de se lever jusqu'à ce qu'il ne puisse regarder ni devant lui ni au-dessous de lui : il ne voit pas la voie qui se dresse (verset 4) et il ne se penche pas pour s'humilier. C'est là une image structurelle de l'état du persistant orgueilleux : un orgueil qui relève la tête et voile ainsi la vue, et une fermeture qui cercle le cou et interdit ainsi de se tourner.
Le verset peint l'état de ceux contre qui la parole s'est avérée en une image sensible : des carcans aux cous, qui atteignent les mentons et relèvent les têtes de force. Jaʿala (j-ʿ-l) est l'affectation d'un état et non la venue d'une chose du néant : le carcan est donc l'image de la fermeture du cœur après l'obstination dans l'insouciance. Le ghull (gh-l-l) est ce qui encercle et retient le mouvement, et le cou est le lieu où l'on se tourne et où l'on s'incline, si bien qu'une fois cerclé le mouvement de se tourner et celui de s'abaisser sont tous deux interdits. Le muqmaḥ (q-m-ḥ) est celui dont la tête a été relevée de force et qui en baisse le regard. L'image est donc celle de l'orgueilleux : un orgueil qui relève la tête et voile ainsi ce qui est devant lui et ce qui est sous lui, de sorte qu'il ne voit pas le ṣirāṭ qui se dresse et ne se penche pas vers lui. C'est un état qui a découlé de leur obstination et de leur acte.