﴾ Yā. Sīn. ﴿
The sura opens with two separated letters read by their own names, each ending in a stop: yā, then sīn. Like the other sura-openers, they stand outside the grammar of a sentence: were they a word, they would carry a case ending, whereas they are two sound-units delivered exactly as they are. The matter they are made of is the very set of letters from which every speaker of Arabic builds his speech, so the challenge that immediately follows, "by the wise Qur'an," is a challenge of composition, not of some strange and unknown tongue.
The letters carry two charges. Yā is a sound that extends and connects, a letter of flow that joins one end to another, and from it comes, in the language, the sense of an extension that stays joined. Sīn is a whispered, gliding sound that runs on fine and linked and never breaks off. The meeting of the two letters draws a single line, a connection (y) that travels and passes through (s); this same line is that of the sura itself, the line of sending and sending-down, for Yā Sīn turns upon the one sent, the One who sends, and those to whom he is sent: "You are indeed one of the messengers," "a sending-down from the Mighty, the Merciful."
The letter comes before the word, and the word before the term. So when a sura opens with two sounds ahead of any sentence and any ruling, it calls the reader to listen to what the sound is doing before a meaning settles on it. Whoever listens finds that the yā and the sīn lay the ground for what the verses after them announce in words: a stretched link between a source that sends down, a messenger who conveys, and a people who are called.
Yā Sīn opens with two separated letters read by their own names, yā and sīn, two sound-units standing outside the construction of speech and built from the same letters every Arabic speaker already knows. The yā is an extension that connects, the sīn a whispered gliding that runs without a break, and together the two form a line of connection that travels and passes through. That line lays the ground for the whole station of the sura, for Yā Sīn is the sura of sending and of sending-down: a source, Mighty and Merciful, that sends down; a messenger on a straight path who conveys; and a people who are called. The first verse is a doorway of sound, not a riddle to be solved, and the listener who comes through it already carries the charge the sura asks for, the stretched link between the sky, the heart, and the people.
﴾ Yā. Sīn. ﴿
La sourate s'ouvre par deux lettres détachées, lues par leur propre nom et arrêtées à la fin : yā, puis sīn. Comme les autres clés de sourate, elles se tiennent hors de la construction de la phrase : si elles étaient un mot, elles porteraient une marque de cas ; ce sont deux unités sonores livrées telles quelles. La matière dont elles sont faites est celle-là même des lettres avec lesquelles tout arabophone bâtit sa parole ; le défi qui suit aussitôt, ﴿وَالْقُرْآنِ الْحَكِيمِ﴾, « par le Coran sage », est donc un défi de composition, non celui d'une langue étrangère et inconnue.
Deux charges. Le yā est un son qui s'étend et relie, une lettre de circulation qui joint un bout à un autre ; de là vient, dans la langue, le sens d'une extension continue. Le sīn est un son chuchoté et glissant, qui court fin, lié, sans se rompre. La réunion des deux lettres trace une seule ligne : une liaison (y) qui circule et pénètre (s). Cette ligne est celle de la sourate même, la ligne de l'envoi et de la descente, car Yā-Sīn tourne autour de l'envoyé, de Celui qui envoie et de ceux vers qui l'on est envoyé : ﴿إِنَّكَ لَمِنَ الْمُرْسَلِينَ﴾, « tu es certes l'un des envoyés », et ﴿تَنزِيلَ الْعَزِيزِ الرَّحِيمِ﴾, « une descente du Puissant, du Miséricordieux ».
La lettre précède le mot, et le mot précède le terme. Lorsque la sourate s'ouvre sur deux sons avant toute phrase et tout jugement, elle invite le lecteur à écouter ce que le son fait avant qu'un sens ne se fixe sur lui. Qui écoute trouve que le yā et le sīn préparent ce que les versets suivants annonceront avec des mots : un lien étendu entre une source qui fait descendre, un messager qui transmet et un peuple qu'on appelle.
Yā-Sīn s'ouvre sur deux lettres détachées, lues par leur propre nom, yā et sīn, deux unités sonores hors de la construction de la parole et bâties des lettres mêmes que connaît tout arabophone. Le yā est une extension qui relie, le sīn un glissement chuchoté qui court sans rupture ; leur réunion est une ligne de liaison qui circule et pénètre. Cette ligne prépare toute la station de la sourate, car Yā-Sīn est la sourate de l'envoi et de la descente : une source puissante et miséricordieuse qui fait descendre, un messager sur une voie droite qui transmet, et un peuple qu'on appelle. Le premier verset n'est pas une énigme à résoudre, mais une porte sonore par laquelle l'auditeur entre déjà chargé de la charge que la sourate appelle : le lien étendu entre le ciel, le cœur et le peuple.