تدبّر
أعجَبُ ما في هذا المَشهَدِ أنَّ أوَّلَ ما يَخطُرُ لِلخارِجِ من قَبرِه ليسَ هَولَ ما أمامَه، بَل دَهشةُ ما خَلفَه: «مَن بَعَثَنا مِن مَرقَدِنا». سَمَّوا مَوتَهُمُ الطَّويلَ «رُقاداً»، كَأنَّ القُرونَ التي قَضَوها تَحتَ التُّرابِ لم تَكُن في إحساسِهِم إلّا غَفوةَ نائمٍ يَستَيقِظُ. وفي هذا تَدَبُّرٌ عَميقٌ في حَقيقةِ الزَّمَن: ما يَبدو لِلحَيِّ دَهراً لا يَنقَضي يَنطَوي عِندَ المَوتِ في لَحظة. فَمَن أطالَ الأمَلَ في الدُّنيا واتَّكَأَ على بُعدِ الأجَلِ سَيَجِدُ العُمرَ كُلَّه قد مَرَّ كَإغفاءةٍ بَينَ نَومٍ ويَقَظة.
وفي تَسميَتِهِمُ القَبرَ «مَرقَداً» إيماءٌ آخَر: الرُّقادُ يَعقُبُه استيقاظٌ بِطَبعِه، فَمَن نامَ يُنتَظَرُ أن يَقومَ. فَكَأنَّ لِسانَ حالِهِم يُقِرُّ — وهُم لا يَقصِدون — بِأنَّ المَوتَ لم يَكُن نِهايةً بَل مَنامةً تَنتَهي بِنَهوض. فَالذينَ أنكَروا البَعثَ طولَ حَياتِهِم يَصِفونَه بَعدَ وُقوعِه بِأصدَقِ وَصفٍ: نَومةٌ ثُمَّ يَقَظة. فَالحَقيقةُ التي جادَلوا فيها يَنطِقونَ بها حينَ تُصبِحُ مُشاهَدةً لا تَقبَلُ الجَدَل.
ثُمَّ يَأتي الجَوابُ فَيَقطَعُ التَّفَجُّع: «هذا ما وَعَدَ الرَّحمنُ وصَدَقَ المُرسَلون». وهنا مَوضِعُ التَّدَبُّرِ الأكبَر: في أشَدِّ مَواقِفِ الخَوفِ يُذكَرُ اسمُ «الرَّحمن» لا اسمُ القَهرِ والانتِقام. فَالبَعثُ — الذي يَستَبعِدُه المُعرِضُ ويَفِرُّ منه — هو في حَقيقَتِه مُقتَضى الرَّحمة: لو ماتَ الظّالِمُ والمَظلومُ ولم يَكُن بَعثٌ لَضاعَتِ الحُقوقُ وبَطَلَ العَدل. فَالذي وَعَدَ بِاليَومِ رَحمنٌ، ووَعدُه رَحمةٌ وإن بَدا لِلغافِلِ تَهديداً. والعِبرةُ لِلقارئ: أن يَلقى البَعثَ بِعَينِ مَن يَرى فيه عَدلَ الرَّحمنِ لا بِعَينِ مَن يَفِرُّ من مَرقَدٍ لا مَفَرَّ من تَركِه.
Reflection
The most wondrous thing in this scene is that the first thing to occur to the one coming out of his grave is not the terror before him, but the bewilderment of what is behind him: "Who raised us from our sleeping-place?" They named their long death "slumber," as though the generations they spent beneath the soil were, in their perception, but the doze of a sleeper who wakes. In this is a deep reflection on the reality of time: what seems to the living an age that never ends folds up at death into a moment. So whoever stretched out his hopes in this world and leaned on the distance of the term will find the whole lifetime to have passed like a nap between sleeping and waking.
In their naming the grave "a sleeping-place" is another intimation: slumber is by its nature followed by waking, so whoever sleeps is expected to rise. It is as though the tongue of their state admits — though they intend it not — that death was not an end but a sleep ending in a rising. So those who denied the resurrection all their lives describe it, after its occurrence, with the truest description: a sleep, then a waking. The reality they disputed they now utter when it becomes a witnessed thing admitting no dispute.
Then the answer comes and cuts off the anguish: "This is what the All-Merciful promised, and the messengers spoke true." Here is the greatest site of reflection: in the most intense station of fear the Name "the All-Merciful" is mentioned, not the name of subjugation and vengeance. For the resurrection — which the turner-away deems far and flees from — is in reality the requirement of mercy: had the wrongdoer and the wronged died with no rising, rights would be lost and justice voided. So the One who promised the Day is All-Merciful, and His promise is a mercy even if it seems to the heedless a threat. The lesson for the reader: to meet the resurrection with the eye of one who sees in it the justice of the All-Merciful, not the eye of one who flees a sleeping-place there is no escaping the leaving of.
Réflexion
La chose la plus prodigieuse de cette scène est que la première chose qui vient à celui qui sort de sa tombe n'est pas la terreur devant lui, mais la stupeur de ce qui est derrière lui : « Qui nous a réveillés de notre couche ? » Ils nommèrent leur longue mort « couche », comme si les générations qu'ils passèrent sous le sol n'étaient, dans leur perception, que l'assoupissement d'un dormeur qui s'éveille. Il y a là une réflexion profonde sur la réalité du temps : ce qui paraît au vivant un âge qui ne finit jamais se replie à la mort en un instant. Qui a étiré ses espoirs en ce monde et s'est appuyé sur l'éloignement du terme trouvera toute la vie passée comme une sieste entre sommeil et éveil.
Dans le fait de nommer la tombe « couche » gît une autre intimation : le sommeil est par nature suivi d'un éveil ; qui dort, on s'attend à ce qu'il se lève. C'est comme si la langue de leur état avouait — sans qu'ils le veuillent — que la mort ne fut pas une fin mais un sommeil s'achevant en un relèvement. Ceux qui nièrent la résurrection toute leur vie la décrivent donc, après sa survenue, par la plus juste des descriptions : un sommeil, puis un éveil. La réalité qu'ils contestaient, ils l'énoncent maintenant qu'elle devient une chose vue qui n'admet nulle dispute.
Puis la réponse vient et tranche l'angoisse : « C'est ce qu'avait promis le Tout-Miséricordieux, et les envoyés avaient dit vrai ». Voici le plus grand lieu de réflexion : dans la station de la peur la plus intense, c'est le Nom « le Tout-Miséricordieux » qui est mentionné, non le nom de la contrainte et de la vengeance. Car la résurrection — que celui qui se détourne juge lointaine et qu'il fuit — est en réalité l'exigence de la miséricorde : si l'oppresseur et l'opprimé mouraient sans relèvement, les droits seraient perdus et la justice annulée. Celui qui promit le Jour est donc le Tout-Miséricordieux, et Sa promesse est une miséricorde même si elle paraît à l'insouciant une menace. La leçon pour le lecteur : rencontrer la résurrection de l'œil de qui voit en elle la justice du Tout-Miséricordieux, non de l'œil de qui fuit une couche dont on ne peut éviter de partir.