﴾ As for the one who counted himself in need of nothing, ﴿
Ammā never comes alone. It opens one part and promises a part to answer it, and it does not settle until the second arrives. That one comes three verses later: "and as for the one who came to you striving." The line hangs unfinished from the moment it is said.
And man is a relative that does not name; what completes it is a verb that identifies its bearer by what he did. So the parts here are states and not persons, and whoever enters the description enters the ruling.
It does not say ghaniya, "he was rich." The difference between the two buildings is the whole point of the verse. Ghaniya reports a condition; istaghnā is the tenth form: seeking the act from oneself, or claiming it, or coming to be in it. The state is not described here; it is sought and put on.
The root gh-n-y is a filling that covers over a lack and extends, and from it the rich man is one whose need has been stopped up so that he asks nothing of another. So the one who counts himself in need of nothing has covered his lack from himself before covering it from anyone else. The covering in the root does not lift what lies beneath it; it lays something over it.
And the object is dropped: in need of nothing from whom? The verse does not say, so the door stays open on everything one may count oneself past needing. The first thing to fall out of such a reckoning is the need to listen.
Ammā opens a part and hangs until its counterpart arrives three verses on, so the line is incomplete by its structure and not by its sense alone. Man is a relative that identifies without naming: the division falls across states, not persons. Istaghnā is the tenth form and not the simple one: a seeking of sufficiency, or a claim to it, or a coming to be in it, rather than a report of a sufficiency that holds. The root gh-n-y is a filling that covers a lack and extends, and a covering hides need without removing it. The object is dropped, so what he counts himself past needing is left unbounded. Whoever has covered his own need from himself has nothing left to come for.
﴾ Quant à celui qui s'est compté suffisant, ﴿
Ammā ne vient jamais seul. Il ouvre une part et promet une part qui lui réponde, et il ne se pose pas tant que la seconde n'est pas venue. Celle-ci vient trois versets plus loin : « et quant à celui qui est venu à toi en s'empressant ». La ligne reste suspendue dès l'instant où elle est dite.
Et man est un relatif qui ne nomme pas ; ce qui le complète est un verbe qui désigne son porteur par ce qu'il a fait. Les parts sont donc des états et non des personnes, et quiconque entre dans la description entre dans le jugement.
Le verset ne dit pas ghaniya, « il fut riche ». La différence entre les deux constructions est tout l'enjeu. Ghaniya rapporte un état ; istaghnā est de dixième forme : chercher l'acte de soi-même, ou le revendiquer, ou en venir à s'y trouver. L'état n'est pas ici décrit : il est cherché et endossé.
La racine gh-n-y est un remplissage qui recouvre un manque et s'étend ; de là le riche est celui dont le besoin a été bouché, en sorte qu'il ne demande rien à autrui. Celui qui se compte suffisant a donc recouvert son manque devant lui-même avant de le recouvrir devant les autres. Le recouvrement, dans la racine, ne lève pas ce qui est dessous : il le voile.
Et le complément est omis : suffisant à l'écart de qui ? Le verset ne le dit pas, et la porte reste ouverte sur tout ce dont on peut se croire dispensé. La première chose à tomber d'un tel compte est le besoin d'écouter.
Ammā ouvre une part et demeure suspendu jusqu'à ce que sa contrepartie arrive trois versets plus loin : la ligne est incomplète par sa structure et non par son seul sens. Man est un relatif qui désigne sans nommer : le partage porte sur des états, non sur des personnes. Istaghnā est de dixième forme et non de la forme simple : une recherche de la suffisance, ou sa revendication, ou une venue à elle, plutôt que le rapport d'une suffisance acquise. La racine gh-n-y est un remplissage qui recouvre un manque et s'étend, et un recouvrement voile le besoin sans l'ôter. Le complément est omis : ce dont il se croit dispensé reste sans borne. Qui a recouvert son propre besoin devant lui-même n'a plus de raison de venir.