﴾ So where are you going off to? ﴿
Three sentences have denied, and then comes the fa-. It does not begin a speech; it orders one thing upon what came before it. What they had been leaning on was lifted away one piece after another, and the question is what remains. This question is a result, not an opening.
And then the adverb of place steps in front of its verb. It is not "are you going", which would put the going itself in question. The going is conceded; what is asked for is its direction. And that is harder than a denial: they are granted that they are on the move, and then asked to name where to.
The root dh-h-b is a sharp passage that goes through and leaves its channel empty, and then the b opens the end of that passage onto a going-out. Departure, in these letters, is not motion as such but a parting that empties a place. Whoever goes leaves his place vacant behind him.
And the verb is in the present form: an act happening now and renewing itself, not something over and done. And it comes bare of any goal: no "to" after it, no destination named. So the question lands on the emptiness inside the sentence itself, a verb that parts and does not say toward what.
And the plural ending returns the address to the very people told ﴿وَمَا صَاحِبُكُم بِمَجْنُونٍ﴾. The same ones. They refused the man who had never left their side, and are asked about the direction they are heading in once he is refused. One whose place stands empty and who cannot name his destination has parted without arriving.
Two words after three denials. The fa- orders and does not open, so the question is the yield of what came before it and not a fresh door. And putting "where" first moves the question off the act and onto its direction: not "are you going" but "where". The root dh-h-b is a passage that empties a place and goes out of it, so the movement in its own letters is a parting that leaves a vacancy behind. And the verb comes in the present form, renewing itself, with no goal named, so the question settles on the gap the wording itself left. And the plural ending turns the address back on the people to whom "your close companion" was attached at the head of the passage. The one who stayed was left, and the direction was never named.
They are not asked to stop. They are asked for one word, and it is the one word they do not have.
﴾ Alors, où donc vous en allez-vous ? ﴿
Trois phrases ont nié, puis vient le fa-. Il n'ouvre pas un discours ; il ordonne une chose sur ce qui la précède. Ce sur quoi ils s'appuyaient a été retiré pièce après pièce, et la question est ce qui reste. Cette question est un aboutissement, non une entrée en matière.
Puis le complément de lieu passe devant son verbe. Il n'est pas dit « allez-vous donc », ce qui mettrait en cause l'aller lui-même. L'aller est concédé ; ce que l'on réclame, c'est sa direction. Et c'est plus rude qu'un démenti : on leur accorde qu'ils sont en marche, puis on leur demande de nommer vers quoi.
La racine dh-h-b est un passage aigu qui traverse et laisse son lit vide, puis le b ouvre le terme de ce passage sur une sortie. Le départ, dans ces lettres, n'est pas le mouvement en soi mais une séparation qui vide un lieu. Qui s'en va laisse sa place vacante derrière lui.
Et le verbe est à l'inaccompli : un acte qui se produit maintenant et se renouvelle, non quelque chose de révolu. Et il vient nu, sans terme : pas de « vers » après lui, aucune destination nommée. La question tombe donc sur le vide contenu dans la phrase même, un verbe qui se sépare et ne dit pas vers quoi.
Et la désinence du pluriel ramène l'adresse à ceux-là mêmes à qui l'on avait dit ﴿وَمَا صَاحِبُكُم بِمَجْنُونٍ﴾. Les mêmes. Ils ont refusé celui qui ne les avait jamais quittés, et on les interroge sur la direction qu'ils prennent une fois ce refus consommé. Celui dont la place reste vide et qui ne sait nommer son but s'est séparé sans arriver.
Deux mots après trois négations. Le fa- ordonne et n'ouvre pas : la question est le fruit de ce qui précède et non une porte nouvelle. Et mettre « où » en tête déplace l'interrogation de l'acte vers sa direction : non pas « allez-vous donc », mais « où ». La racine dh-h-b est un passage qui vide le lieu et en sort, si bien que le mouvement, dans ses propres lettres, est une séparation qui laisse un creux. Et le verbe vient à l'inaccompli, renouvelé, sans terme nommé : la question descend sur le vide que la formulation elle-même a laissé. Et la désinence du pluriel retourne l'adresse vers ceux auxquels « votre compagnon » était rattaché en tête du passage. Celui qui restait fut laissé, et la direction ne fut jamais nommée.
On ne leur demande pas de s'arrêter. On leur demande un seul mot, et c'est le seul mot qu'ils n'ont pas.