﴾ And you do not urge one another on toward feeding the still-bound destitute. ﴿
The negation here does not fall on the bare act of feeding alone. It falls on a reciprocal form that gathers a whole group into a mutual spurring: taḥāḍḍūn, "you urge one another on." What is denied is not one person's failure with a meal, but a posture absent from the entire group: that each push the other toward what is required. The root ḥ-ḍ-ḍ turns on a hot, pressing drive toward an act, an urging that gathers the one urged and pushes him, that does not leave him standing still.
The reciprocal form carries an added meaning to be heard: what is asked is not that a person feed on his own only, but that the group become a field across which the urging passes from hand to hand, this one pressing that one, so the drive toward the food spreads among them. To deny the mutual urging is to deny this very exchange: the hot drive between them has gone out, and each is left to his own affair, neither pushing another nor pushed.
The field of the urging is ṭaʿām al-miskīn, "the feeding of the destitute." Ṭaʿām, from ṭ-ʿ-m, is what is taken in and spreads through the body to hold it up, with a seizing from depth that takes hold of what is taken and keeps life with it. It is joined here to al-miskīn, so this is not food sought for enjoyment but food whose place is the closing of the gap of one who has none. The denied urging ought to have poured upon exactly this: the upholding of a body about to go out for want of what would hold it.
And al-miskīn, from s-k-n, is the one who has gone still and settled, not by choice but because need has seated him so that he has no movement that avails him. He is held still under the weight of want, unable to strive for himself a striving that would suffice. The joining of "feeding" and "the destitute" sets a need against what closes it: a body asking for what upholds it, whose owner has gone still from seeking it through his own inability, so that what would uphold him reaches him only by a push from another.
The reproach is not that no one fed the poor, but that the hot drive to push one another toward it had gone out of the group. Its field is the feeding of one whom need has stilled into place, who cannot move to reach what would keep him standing.
﴾ Et vous ne vous incitez pas les uns les autres à nourrir le démuni que le besoin a immobilisé. ﴿
La négation ne tombe pas ici sur l'acte nu de nourrir seul. Elle tombe sur une forme réciproque qui rassemble tout un groupe dans une impulsion mutuelle : taḥāḍḍūn, « vous vous incitez les uns les autres ». Ce qui est nié n'est pas la défaillance d'un seul devant un repas, mais une posture absente du groupe entier : que chacun pousse l'autre vers ce qui est requis. La racine ḥ-ḍ-ḍ tourne autour d'une poussée chaude et pressante vers un acte, une incitation qui saisit celui qu'on incite et le pousse, qui ne le laisse pas immobile.
La forme réciproque porte un sens ajouté à entendre : ce qui est demandé n'est pas qu'une personne nourrisse seule, mais que le groupe devienne un champ où l'incitation passe de main en main, celui-ci pressant celui-là, de sorte que la poussée vers la nourriture se répande parmi eux. Nier l'incitation mutuelle, c'est nier cet échange même : la poussée chaude entre eux s'est éteinte, et chacun est laissé à son affaire, ne poussant nul autre et n'étant poussé.
Le champ de l'incitation est ṭaʿām al-miskīn, « la nourriture du démuni ». Ṭaʿām, de ṭ-ʿ-m, est ce qui est pris et se répand dans le corps pour le tenir debout, avec une saisie venue de la profondeur qui prend ce qui est pris et y maintient la vie. Il est joint ici à al-miskīn, en sorte que ce n'est pas une nourriture recherchée pour la jouissance mais une nourriture dont le lieu est la fermeture du manque de qui n'en a point. L'incitation niée aurait dû se déverser précisément sur ceci : le maintien d'un corps sur le point de s'éteindre faute de ce qui le tiendrait.
Et al-miskīn, de s-k-n, est celui qui s'est immobilisé et fixé, non par choix mais parce que le besoin l'a assis de sorte qu'il n'a nul mouvement qui lui serve. Il est tenu immobile sous le poids du dénuement, incapable d'œuvrer pour lui-même d'une œuvre qui suffise. La jonction de « nourrir » et « le démuni » dresse un besoin contre ce qui le ferme : un corps qui demande ce qui le tient debout, dont le propriétaire s'est immobilisé devant sa quête par son impuissance, en sorte que ce qui le tiendrait ne l'atteint que par une poussée venue d'autrui.
Le reproche n'est pas que nul n'ait nourri le pauvre, mais que la poussée chaude à s'inciter les uns les autres se soit éteinte hors du groupe. Son champ est la nourriture de celui que le besoin a immobilisé, qui ne peut bouger pour atteindre ce qui le tiendrait debout.