﴾ And by a witness, and by what is witnessed. ﴿
The one who witnesses is not a spectator. The word carries a presence and a charge. Whoever has witnessed stood in a place that let him see or know from close by, and he then carries that presence through to a word or a confirmation. Testimony is therefore not an ornament of knowledge: it is knowledge that has come out from within into the open.
The indefinite in "a witness" widens the circle. The verse does not shut the witness inside a single name; it leaves it open: whoever holds true presence enters on the side of the witness. The heaven witnesses by its marks, the day witnesses by its promise, and the tongue witnesses when it does not keep back what it was present to.
"What is witnessed" is a passive participle: a thing set in the field of testimony. It is neither hidden nor left without a trace. The witnessed is the real at the instant it is raised from the state of a passing event to that of a presence entered in the register of confirmation.
This counts for what comes next. The Surah will name a hard act, a fire, people seated, and witnesses of what is done. But it first lays down a higher rule: in existence there is a witness and what is witnessed. No act passes without an eye.
The verse is two words on patterns that answer each other: an active participle and a passive participle, shāhid and mashhūd. The active is present by what it carries, the passive is present by what has fallen upon it. Between the two the testimony stands: no presence without an object, no event without the capacity to be witnessed.
In three verses only, the Surah has built its whole stage. A height furnished with towers. A day knotted to a promise. And a testimony that holds what lies between them. After such an opening, the act can no longer hide.
The third oath completes the opening triangle with which the Surah began. After the heaven holding the visible towers and after the promised day, this verse comes with a double relation: "And by a witness, and by what is witnessed." The root sh-h-d does not say a knowing taken from afar, but a penetrating presence that ends in a confirmation. "Witness" is an active participle for the one who is there and carries what he has seen through to attesting it, and "what is witnessed" is a passive participle for the real that has entered the field of this presence and no longer disposes of its own disappearance. The verse has not shut the witness inside a determined name; it came indefinite so as to widen its circle: every true presence enters on the side of the witness. And the grammatical cadence answers itself: an active and a passive, a presence and an object. No presence without something to witness to, and no act in this universe escapes the field of attestation. So the construction is completed: a place marked with signs, a time secured by a promise, and a testimony that holds what lies between them.
﴾ Et par un témoin, et par ce qui est témoigné. ﴿
Celui qui témoigne n'est pas un spectateur. Le mot porte une présence et une charge. Qui a témoigné se tenait en un lieu qui lui permettait de voir ou de savoir de près, puis il porte cette présence jusqu'à une parole ou une confirmation. Le témoignage n'est donc pas un ornement du savoir : c'est un savoir sorti du dedans au grand jour.
L'indéfini dans « un témoin » élargit le cercle. Le verset n'enferme pas le témoin dans un seul nom ; il le laisse ouvert : quiconque tient la présence véritable entre du côté du témoin. Le ciel témoigne par ses marques, le jour témoigne par sa promesse, et la langue témoigne quand elle ne tait pas ce dont elle fut présente.
« Ce qui est témoigné » est un participe passif : une chose posée dans le champ du témoignage. Elle n'est ni cachée ni laissée sans trace. Le témoigné est le réel à l'instant où il est haussé de l'état d'événement passager à celui de présence inscrite au registre de la confirmation.
Cela compte pour ce qui vient ensuite. La sourate nommera un acte dur, un feu, des gens assis, et des témoins de ce qui se fait. Mais elle pose d'abord une règle plus haute : il y a dans l'existence un témoin et ce qui est témoigné. Aucun acte ne passe sans œil.
Le verset est deux mots sur des moules qui se répondent : un participe actif et un participe passif, shāhid et mashhūd. L'actif est présent par ce qu'il porte, le passif est présent par ce qui est tombé sur lui. Entre les deux le témoignage se tient : pas de présence sans objet, pas d'événement sans aptitude à être témoigné.
En trois versets seulement, la sourate a bâti toute sa scène. Une hauteur pourvue de tours. Un jour noué à une promesse. Et un témoignage qui tient ce qui est entre les deux. Après une telle ouverture, l'acte ne peut plus se cacher.
Le troisième serment achève le triangle d'ouverture par lequel la sourate a commencé. Après le ciel porteur des tours visibles et après le jour promis, ce verset vient avec une relation double : « Et par un témoin, et par ce qui est témoigné ». La racine sh-h-d ne dit pas un savoir pris de loin, mais une présence pénétrante qui aboutit à une confirmation. « Témoin » est un participe actif pour celui qui est là et porte ce qu'il a vu jusqu'à l'attester, et « ce qui est témoigné » un participe passif pour le réel entré dans le champ de cette présence et qui ne dispose plus de sa disparition. Le verset n'a pas enfermé le témoin dans un nom déterminé ; il est venu indéfini pour élargir son cercle : toute présence véritable entre du côté du témoin. Et la cadence grammaticale se répond : un actif et un passif, une présence et un objet. Pas de présence sans quelque chose sur quoi témoigner, et nul acte dans cet univers n'échappe au champ de l'attestation. Ainsi la construction s'achève : un lieu marqué de signes, un temps garanti par une promesse, et un témoignage qui tient ce qui est entre les deux.