﴾ Then as for the one whose weighings were heavy. ﴿
Ammā in Arabic is a particle that divides between two things, and it may not come without a second term following it, set off by wa-ammā. The division comes complete across the two verses: fa-ammā man thaqulat, then wa-ammā man khaffat. The Striker sorts people into two parts, and no more; the picture this Surah draws has no graded stations, only two cut portions: heaviness and lightness.
The fāʾ of fa-ammā branches off what came before it: after people had become like scattered moths and the mountains like fluffed wool, these scattered moths are sorted into two kinds. The one who saw himself a moment ago in the shape of a moth now finds himself between the two pans of a balance, and the moth itself is weighed.
The root th-q-l in Arabic turns on what comes down by its own weight, a coming down that needs effort to lift again. A thing is said to have grown heavy upon the ground when it settles there with its full weight, and so the Qur'an says, of what is laid upon the one addressed, ﴿إِنَّا سَنُلْقِي عَلَيْكَ قَوْلًا ثَقِيلًا﴾. The heavy word is the word that is not carried lightly.
In this verse heaviness is a praised trait, contrary to the first impression. In this life a person loves the lightness of the load on his back; in the life to come he loves the heaviness of the load in the pan of his balance, and what weighs down in the pan lightens its owner on the Day of the Striker. The reverse also holds: what a person makes light of here, if it has worth in the balance, weighs his pan down on the day the weight is needed.
The plural in mawāzīnuhu is intended: the verse says "his weighings grew heavy," not "his balance grew heavy." Weighings in the plural open onto two readings that do not cancel each other: they may be many according to the kind of deed, a balance for the prayer, a balance for what is given away, a balance for the intention, a balance for the bond kept; and they may be many according to the years and the standings, each stage of a life having a balance of its own.
The two readings meet in one sense: a person is not summed up in a single verdict, as though the Book refused to offer a picture that reduces someone to one number. The weighings are many, and the heaviness comes of a manyness that agrees on heaviness.
Al-Baqara uses a near image to establish this reckoning without the word for balance: ﴿وَاللَّهُ سَرِيعُ الْحِسَابِ﴾. The reckoning is swift, and exact with it: no deed is folded into another there, no day overrules another, and each balance stands alone in its two pans with what belongs to it.
After the cosmic scene the Book moves to where the single person stands. The fāʾ of fa-ammā branches off what preceded, and those people just seen as scattered moths are now sorted into two cut portions, with no third station in this Surah: weighings heavy, or weighings light. The fāʾ shows that the sorting is a natural branching off the deeds that came before, not an imposition.
The form deserves a pause: "his weighings grew heavy," in the plural, not "his balance grew heavy." The weighings are many, for each deed its balance and for each standing its balance, and a person is not reduced to one number. The root th-q-l turns on what comes down by its own weight, a coming down that needs effort to lift. The mountain that was heavy a moment before becomes fluffed wool, and the one who filled his weighings with truthful deeds grows heavy. The world turns over: what was heavy to the eye goes light, and what seemed light, inwardly, grows heavy.
Al-Baqara describes the reckoning with a word that fits this picture: ﴿وَاللَّهُ سَرِيعُ الْحِسَابِ﴾. "Swift" here means exact, with no day overruling another, not lenient; each balance stands alone with what belongs to it. What al-Fātiḥa said in describing those upon whom the favour came, the Striker brings out as a scene: ﴿صِرَاطَ الَّذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ﴾. That is their path, seen heavy in the balance.
﴾ Alors, celui dont les pesées seront lourdes. ﴿
« Ammā » est en arabe une particule de partage entre deux choses. Elle ne vient jamais seule : il lui faut un second terme, introduit par « wa-ammā ». Le partage s'achève ici sur deux versets, « fa-ammā man thaqulat » puis « wa-ammā man khaffat ». Celle qui Frappe trie les gens en deux parts, pas davantage. Aucun rang intermédiaire dans l'image de cette sourate : deux parts tranchées, la lourdeur et la légèreté.
Et dans le fa- de « fa-ammā » il y a une ramification de ce qui précède : après que les gens sont devenus comme des papillons et les montagnes comme de la laine cardée, ces papillons dispersés se trient en deux espèces. Celui qui vient de se voir sous la forme d'un papillon se trouve maintenant entre les deux plateaux d'une balance. Le papillon lui-même est pesé.
La racine th-q-l tourne en arabe sur ce qui descend par son poids, d'une descente qui demande un effort pour être relevée. On dit d'une chose qu'elle a pesé sur la terre quand elle s'y est posée de tout son poids. C'est pourquoi le Livre dit, en décrivant ce qui est mis sur les épaules : ﴿إِنَّا سَنُلْقِي عَلَيْكَ قَوْلًا ثَقِيلًا﴾. La parole lourde est celle qu'on ne porte pas avec légèreté.
Et dans ce verset la lourdeur est une qualité louée, contre la première impression. Ici-bas on aime la légèreté de la charge sur le dos. Dans la vie dernière on aime la lourdeur de la charge dans le plateau de sa balance. Ce qui pèse dans le plateau allège son porteur au Jour de Celle qui Frappe. Et l'inverse est vrai : ce qu'un être tient ici pour peu de chose, s'il a du prix dans la balance, alourdit son plateau le jour où il en a besoin.
Le pluriel de « mawāzīnuh », ses pesées, est voulu. Il n'est pas dit « sa balance s'est alourdie », mais « ses pesées se sont alourdies ». Et des pesées multiples ouvrent sur deux lectures qui ne se contredisent pas : elles peuvent être multiples selon le genre de l'acte, une pesée pour la prière, une pour l'aumône, une pour l'intention, une pour le lien gardé ; et elles peuvent être multiples selon les années et les situations, chaque étape d'une vie ayant la sienne.
Et les deux lectures se rejoignent en un seul sens : une personne ne se résume pas à un jugement unique. Comme si le Livre refusait de donner une image qui réduirait quelqu'un à un seul chiffre. Les pesées sont multiples, et la lourdeur vient d'une multiplicité qui s'accorde sur la lourdeur.
Et al-Baqara emploie une image voisine pour établir ce compte sans le mot de balance : ﴿وَاللَّهُ سَرِيعُ الْحِسَابِ﴾. Le compte est prompt, et pourtant exact. Aucun acte n'y est ramené à un autre, aucun jour n'y domine un autre. Chaque balance se tient seule, dans ses deux plateaux, avec ce qui lui revient.
Après la scène cosmique, le Livre passe à la position de l'individu. Le fa- de « fa-ammā » se ramifie sur ce qui précède : ces gens qu'on a vus comme des papillons dispersés se trient maintenant en deux parts tranchées. Aucun troisième rang dans cette sourate : des pesées lourdes ou des pesées légères. Et le fa- montre que le tri n'est pas un arbitraire, mais une ramification naturelle de ce qui a été fait.
Et la forme retient l'attention : « ses pesées se sont alourdies », au pluriel, non « sa balance s'est alourdie ». Les pesées sont multiples : à chaque acte sa pesée, à chaque situation la sienne. Et une personne ne se réduit pas à un chiffre. La racine th-q-l tourne sur ce qui descend de tout son poids et demande un effort pour être relevé. La montagne qui pesait l'instant d'avant devient laine cardée, et celui qui a rempli ses pesées d'actes vrais s'alourdit. Le monde se retourne : ce qui pesait au-dehors s'allège, et ce qui semblait léger au-dedans s'alourdit.
Et al-Baqara décrit le compte d'un mot qui convient à cette image : ﴿وَاللَّهُ سَرِيعُ الْحِسَابِ﴾. Prompt ne veut pas dire indulgent, mais exact, sans qu'un jour y domine un autre. Chaque balance se tient seule avec ce qui lui revient. Et ce que al-Fātiḥa a dit de ceux qui ont reçu le bienfait, Celle qui Frappe le montre en scène : ﴿صِرَاطَ الَّذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ﴾. Voilà leur voie, vue lourde dans la balance.