﴾ You will never attain devoted goodness until you spend from what you love. Whatever thing you spend, Allah is knowing of it. ﴿
"Never" opens a denial that runs forward, and the verb comes in the plural so that it carries all those addressed. Attaining, from n-y-l, is a striving that goes out from its bearer and extends until it hits the thing sought, then attaches to it and takes hold of it. Its object is "devoted goodness." Goodness, from b-r-r, is a joining that flows on and on; the repetition of the rāʾ doubles both the extension and the clinging, so it is a wide good that joins to the place it reaches. In this sentence goodness is a goal whose attaining is denied until the hinge after "until" is realized: it hangs on a condition the wording itself speaks aloud, not on a list of qualities set before it.
"Until" joins the denial to an end at which the denial stops: that they spend. Spending, from n-f-q, is a holding that breaks out of the inward toward the outside, then runs through a connected channel and reaches the point where it is cut free. The causative ifʿāl form takes the thing out of its owner's hold and makes him the one who acts in that taking out. What the sentence measures is the occurrence of that coming out itself, an end reached by an act that takes place, and it is this act that opens the path of the attaining denied before it. Attaining therefore hangs on the act taking place, not on the size of what leaves.
The wording does not stop at the bare fact of spending: the partitive "from" ties it to what those addressed love. Love, from ḥ-b-b, is an inward holding that attaches to what is loved and clings to it, and the repeated letter doubles that bond and draws it tight. The verb is in the present, which keeps the attachment alive at the very hour of the giving. The wording does not ask that everything loved be given out; "from what" keeps the partitive sense. It does, however, bar spending from being confined to something the giver is not attached to at all, and devoted goodness is tied to an act that touches the very place of love.
The conjunction then resumes with a general condition through "whatever," repeating the verb of spending so that spending stays the axis. "Thing," after that generality, picks up anything of which the coming out can truly be said, whether small in its owner's eyes or large, so the little and the much stand level in the wording. The answer turns to a knowledge that surrounds the act, "Allah is knowing of it," so the keeping of what has been spent is knotted to a knowledge that encompasses it. The two halves balance each other: the first governs where the spending comes from, in what is loved, and the second keeps anything spent from being lost.
The connective ties every thing spent to the emphatic "Allah." "Of it" is set before the predicate, so knowledge attaches to the thing itself. Knowledge, from ʿ-l-m, is an appearing out of the depth that attaches to what it knows and gathers into a held mark; coming here after "of it," the known becomes the spent thing in its own person, held in knowledge as a mark is held. "Knowing" is an intensive form that makes knowledge a settled attribute, wide in its encompassing. Spending need not be seen by others in order to enter the answer: the pronoun returns to "thing" and establishes that everything the act can be said of lies within that knowledge.
The verse sets devoted goodness as a goal that is not reached until spending takes place, and then fixes the source of that spending: some of what those addressed love. Love is a tight bond, and spending brings something out of the very place of that bond, not from a margin that costs its owner nothing. "Whatever" then opens the door to every thing spent, and the connective ties it to Allah's settled knowledge. The composition thus moves from the reaching of the goal, to the cost of the letting go, to a knowledge that encompasses every trace.
﴾ Vous n'atteindrez jamais la bonté dévouée jusqu'à ce que vous dépensiez de ce que vous aimez. Quelle que soit la chose que vous dépensez, Allāh en est Savant. ﴿
« Jamais » ouvre une négation qui court vers l'avant, et le verbe vient au pluriel, si bien qu'il porte tous ceux à qui la parole s'adresse. Atteindre, de n-y-l, est un effort qui sort de son porteur et se prolonge jusqu'à toucher ce qui est cherché, puis s'y attache et s'en saisit. Son objet est la bonté dévouée. La bonté, de b-r-r, est une liaison qui s'écoule sans rupture, et la répétition du rāʾ redouble à la fois l'extension et l'adhérence, si bien qu'elle est un bien large qui se joint au lieu qu'il atteint. Dans cette phrase, la bonté est une fin dont l'atteinte est refusée jusqu'à ce que soit accomplie la charnière qui vient après « jusqu'à ce que ». Elle tient à une condition que l'énoncé lui-même prononce à voix haute, et non à une liste de qualités posées devant elle.
« Jusqu'à ce que » relie la négation à un terme où elle s'arrête : qu'ils dépensent. La dépense, de n-f-q, est une contenance qui jaillit du dedans vers le dehors, puis traverse un cours relié et atteint le point où elle se détache. La forme causative ifʿāl fait sortir la chose de l'emprise de son possesseur et fait de lui l'agent de cette sortie. La mesure, dans la phrase, est l'avènement de cette sortie même : un terme atteint par un acte qui a lieu, et c'est cet acte qui ouvre la voie de l'atteinte niée avant lui. L'atteinte tient donc à ce que cet acte advienne, et non à la grandeur de ce qui sort.
L'énoncé ne s'arrête pas au fait nu de dépenser. Le « de » partitif rattache la dépense à ce qu'aiment ceux à qui la parole s'adresse. L'amour, de ḥ-b-b, est une contenance intérieure qui s'attache à l'aimé et s'y agrippe, et la lettre répétée redouble ce lien et le resserre. Le verbe est au présent, ce qui maintient l'attachement vivant à l'heure même du don. L'énoncé ne demande pas que tout ce qui est aimé soit donné : « de ce que » garde le sens partitif. Mais il empêche que la dépense se réduise à une chose à laquelle celui qui donne ne tient nullement. La bonté dévouée est nouée à un acte qui touche le lieu même de l'amour.
La conjonction reprend ensuite par une condition générale, « quelle que soit la chose », et répète le verbe de la dépense afin que la dépense demeure l'axe. « Chose », après cette généralité, recueille tout ce dont la sortie peut être dite avec vérité, petit aux yeux de son possesseur ou grand, si bien que le peu et le beaucoup se tiennent au même niveau dans l'énoncé. La réponse se tourne alors vers une connaissance qui entoure l'acte, « Allāh en est Savant », et la garde de ce qui a été dépensé se noue à un savoir qui l'enveloppe. Les deux volets se font équilibre : le premier règle d'où vient la dépense, dans ce qui est aimé, et le second empêche que rien de ce qui a été dépensé ne se perde.
Le lien de la réponse rattache toute chose dépensée à l'emphase posée sur le nom d'Allāh. « En » est placé avant l'attribut, si bien que la connaissance s'attache à la chose elle-même. La connaissance, de ʿ-l-m, est une apparition venue de la profondeur qui s'attache à ce qu'elle connaît et se rassemble en une marque tenue ; venant ici après « en », ce qui est connu devient la chose dépensée en personne, tenue dans la connaissance comme se tient une marque. « Savant » est une forme intensive qui fait de la connaissance un attribut établi, vaste dans son enveloppement. La dépense n'a pas besoin d'être vue des autres pour entrer dans la réponse : le pronom revient à « chose » et établit que tout ce dont l'acte peut être dit se tient au-dedans de cette connaissance.
Le verset pose la bonté dévouée comme une fin qui n'est pas atteinte tant que la dépense n'a pas eu lieu, puis il en fixe la source : une part de ce qu'aiment ceux à qui la parole s'adresse. L'amour est un lien serré, et la dépense fait sortir quelque chose du lieu même de ce lien, non d'une marge qui ne coûte rien à son possesseur. Puis « quelle que soit la chose » ouvre la porte à toute chose dépensée, et le lien de la réponse la rattache à la connaissance établie d'Allāh. Ainsi la composition va de l'atteinte de la fin, au prix du dessaisissement, jusqu'à une connaissance qui enveloppe chaque trace.