﴾ And you are not directing your wills toward what I direct mine toward. ﴿
The repetition in the third verse and the fifth calls for fine listening. What is the point of repeating the same denial in the same grammar? Grammatical scrutiny shows that a repetition in the grammar is not a repetition in position. The third verse comes after a denial in the present in the second verse, so it speaks of a quality stretched into a time open toward what is to come; the fifth verse comes after a denial in the past in the fourth verse, so it speaks of a quality stretched out to seal time from its other flank.
So the denial is the same, while the time that frames it differs. It is as though the Surah were saying: the quality I denied before entering the past is the very quality I carry as I come out of the past. The past does not change it, the present does not soften it, and what is to come does not open it; the quality is fixed, and the whole of time has passed along its two flanks. This is a reading of language and of grammar, resting on the grammatical position of each verse in the sequence and not on its wording alone.
The text itself opens a second angle: the second verse and the third address what is bent toward now and whatever such bending may show itself to be in a time still coming, while the fourth verse and the fifth address the past gathered up and the quality that gathers it. From both angles the outcome is one: the cut uses up time with every possibility in it, so that no place is left for a crossing.
The Qurʾān knows how to set a meaning in awareness by returning to it. Al-Fātiḥa does this inside the prayer, where it is said again in every cycle until it settles in the heart. The Surah here does the same thing on a smaller scale: it cuts in the third verse, walks into time in the fourth, and comes back to the same cut in the fifth. It is as though the quality were written twice, with the whole of time held between the two writings, so that no doubt is left with the reader that it does not change.
This pinning down marks the Surah's whole bearing: it does not threaten, it does not curse, it does not deny what is decreed; it uncovers what is already the case in a grammar that seals upon its place. The reader comes out of the Surah with the feeling of one made certain that the cut is in its place, and that the place of declaring the One (tawḥīd, root w-ḥ-d) in his inward has been cleaned of mixture, not with the feeling of a victor.
The fifth verse is the seal before the sixth verse, which opens the door of leaving with courtesy. What had to be said has been said: the whole of time has been used up, the quality has been fixed, the doer on each side has been named. Nothing is left but that the conversation be closed, and the sixth verse does this in a quiet phrase: "Your way of life is yours, and my way of life is mine."
So the fifth verse comes as the last breath the Surah draws before the closing. The Surah was a seclusion set before the declaring of the One, and here the seclusion is complete. After it come an-Naṣr, then al-Masad, then al-Ikhlāṣ, yet al-Ikhlāṣ cannot be spoken unless this seclusion has been completed. Al-Kāfirūn cleans the place, and al-Ikhlāṣ then speaks in a place that is clean.
The third verse returns letter for letter: "and you are not directing your wills toward what I direct mine toward." Repetition in the Qurʾān is a pinning down in awareness, not the filling of a gap. A quality that comes once may pass over the hearing, while a quality that comes back engraves itself. In its five verses the Surah raises a wall from two sides: a wall that says "I am not there," and a wall that says "you are not here." Each time an interpretation offered itself, the boundary was drawn again. The boundary holds no affection, yet it holds no enmity either: it is a clear line that grants both sides plainness.
﴾ Et vous n'orientez pas vos volontés vers ce vers quoi j'oriente la mienne. ﴿
La reprise, aux versets trois et cinq, demande une écoute fine. Que vaut la répétition de la même négation avec la même grammaire ? L'examen grammatical découvre que la répétition dans la forme n'est pas une répétition dans la position. Le troisième verset vient après une négation au présent, celle du deuxième, et il parle donc d'une qualité étendue dans un temps ouvert vers l'avenir. Le cinquième vient après une négation au passé, celle du quatrième, et il parle d'une qualité étendue qui scelle le temps par son autre bord.
La négation est la même, mais le temps qui l'encadre change. Comme si la sourate disait : la qualité niée avant d'entrer dans le passé est la même qualité avec laquelle on sort du passé. Le passé ne la change pas, le présent ne l'assouplit pas, l'avenir ne l'entrouvre pas. La qualité est fixe, et tout le temps a passé de ses deux côtés. C'est là une lecture de langue et de grammaire, appuyée sur la position grammaticale de chaque verset dans la suite, et non sur son seul vocabulaire.
Et le texte ouvre lui-même un second angle : les versets deux et trois s'adressent à ce vers quoi la volonté se porte maintenant et à ce qui se montrera d'orientation dans un temps à venir, tandis que les versets quatre et cinq s'adressent au passé rassemblé et à la qualité qui le rassemble. Dans les deux angles, le résultat est un : la coupure épuise le temps avec toutes ses possibilités, et il ne reste plus de place pour un croisement.
Le Coran sait fixer un sens dans la conscience en y revenant. La Fātiḥa le fait à l'échelle de la prière : elle est reprise à chaque cycle jusqu'à se loger dans le cœur. La sourate le fait ici à plus petite échelle : elle sépare au troisième verset, elle entre dans le temps au quatrième, elle revient à la même séparation au cinquième. Comme si la qualité était écrite deux fois, avec tout le temps tenu entre les deux écritures, et qu'il ne reste au lecteur aucun doute qu'elle ne se change pas.
Et dans ce clouage il y a un trait de toute la sourate : elle ne menace pas, elle ne maudit pas, elle ne récuse pas le décret, elle découvre ce qui est advenu dans une grammaire qui scelle sur sa place. Le lecteur sort de la sourate non avec le sentiment du vainqueur, mais avec la certitude que la coupure est à sa place, et que le lieu de l'unicité au-dedans de lui a été lavé du mélange.
Et le cinquième verset est le sceau avant le sixième, qui ouvre avec tenue la porte du départ. Ce qui devait être dit a été dit. Tout le temps a été épuisé, la qualité a été fixée, l'agent a été nommé de chaque côté. Il ne reste qu'à fermer l'échange. Le sixième verset le fait dans une phrase calme : « À vous votre voie, et à moi la mienne. »
Aussi le cinquième verset vient-il comme le dernier souffle que la sourate retient avant la clôture. La sourate était une retraite avant l'unicité, et la retraite s'achève ici. Viennent après elle An-Naṣr, puis Al-Masad, puis Al-Ikhlāṣ. Mais Al-Ikhlāṣ ne peut être prononcée tant que cette retraite n'est pas achevée. Al-Kāfirūn nettoie le lieu, et l'unicité se prononce dans un lieu propre.
Le troisième verset revient lettre pour lettre : « Et vous n'orientez pas vos volontés vers ce vers quoi j'oriente la mienne. » La reprise, dans le Coran, ne remplit pas un vide : elle cloue dans la conscience. Une qualité dite une fois peut passer sur l'oreille. Une qualité qui revient s'y grave. La sourate, en cinq versets, dresse un mur par ses deux faces : un mur qui dit « je ne suis pas là » et un mur qui dit « vous n'êtes pas ici ». Chaque fois que l'interprétation se présente, la limite est retracée. Et la limite ne renferme pas d'affection, mais elle ne renferme pas non plus d'inimitié. Une ligne claire qui accorde aux deux bords la franchise.