﴾ And the mountains as pegs driven in? ﴿
The verb is not repeated. It does not say "did We not set the mountains"; the noun is carried onto what came before it by a single conjunction. The bedding and the pegs fall under one setting, not two favours counted off in a row.
The root j-b-l is a massing that clings to its place and then extends within it, whence the saying that a person is jubila upon some trait, built into him inseparably. Fixity is in the word before anything is said about it.
And yet the word is not left at its fixity. It is followed by a description that moves it from being fixed to being for something: the point is not that they hold, but what they hold.
The root w-t-d is a joining completed by a driving-through that settles in place. A peg is a piece of wood struck until it disappears into the ground, and it is never looked at for itself: what is looked at is whatever has been tied to it.
So the word is a relation before it is a thing. A peg in an empty ground with nothing tied to it means nothing. To call the mountains pegs is to say that they are in the service of something else, and they are the largest thing the eye falls on.
And then what is tied is not mentioned. The verse says "pegs" and falls silent about what the peg holds. The other end is left open, as the name of the news was left open and the object of the knowing was left open. This is a surah that gives a function and withholds the naming of what the function serves.
The two words belong to one setting: something spread and something driven in. Neither stands without the other. A floor with nothing to fix it slides out from under the one on it; a peg in ground with no bedding is nothing to lie down on. So the two descriptions are one description of one condition: a place where one may lie and not be shifted. That is what they were asked about, not the mountains alone and not the earth alone.
And the surah returns to this same word in another place: "and the mountains are set moving, and become a mirage." What was called a peg is made to travel and becomes what is seen and is not there. The fixity they were described by is a setting and not a nature. A peg holds while it is driven, and whoever drove it can draw it out.
One verb governs both, so the bedding and the pegs are one act with two halves: a softness to lie on and an anchor that keeps it from sliding. And the word chosen for the largest thing in sight is a word that means nothing by itself, whose other end the verse never names. What is later made to travel was never fixed by nature, only by placing.
﴾ Et des montagnes des piquets enfoncés ? ﴿
Le verbe n'est pas répété. On ne dit pas « n'avons-nous pas fait des montagnes » ; le nom est porté sur ce qui précède par une seule conjonction. La couche et les piquets tombent sous une même mise en place, non deux faveurs comptées à la file.
La racine j-b-l est un amassement qui adhère à son lieu puis s'y étend, d'où l'on dit d'une personne qu'elle est jubila sur un trait, bâtie avec lui de manière inséparable. La fixité est dans le mot avant qu'on en dise rien.
Et pourtant le mot n'est pas laissé à sa fixité. Il est suivi d'une qualification qui le fait passer d'être fixe à être pour : le propos n'est pas qu'elles tiennent, mais ce qu'elles tiennent.
La racine w-t-d est une jonction que parachève un enfoncement qui se fixe en place. Un piquet est un bois frappé jusqu'à disparaître dans le sol, et on ne le regarde jamais pour lui-même : ce que l'on regarde, c'est ce qui y a été attaché.
Le mot est donc une relation avant d'être une chose. Un piquet dans un sol vide auquel rien n'est attaché ne veut rien dire. Appeler les montagnes des piquets, c'est dire qu'elles sont au service d'autre chose, et elles sont la plus grande chose sur laquelle l'œil tombe.
Et ce qui est attaché n'est pas mentionné. Le verset dit « des piquets » et se tait sur ce que le piquet retient. L'autre bout est laissé ouvert, comme le nom de la nouvelle a été laissé ouvert, comme l'objet du savoir a été laissé ouvert. Voici une sourate qui donne une fonction et retient le nom de ce que la fonction sert.
Les deux mots relèvent d'un même appareil : une chose que l'on étend et une chose que l'on enfonce. Ni l'une ni l'autre ne tient sans sa compagne. Un sol que rien ne fixe se dérobe sous celui qui s'y couche ; un piquet dans un terrain sans couche n'est pas de quoi s'allonger. Les deux qualifications sont donc une seule qualification d'un seul état : un lieu où l'on peut s'étendre sans être déplacé. C'est là-dessus qu'ils ont été interrogés, non sur les montagnes seules ni sur la terre seule.
Et la sourate revient à ce mot même en un autre endroit : « et les montagnes sont mises en marche et deviennent un mirage ». Ce qui fut appelé piquet est mis en route et devient ce qui se voit sans être là. La fixité par laquelle on les a décrites est une mise en place et non une nature. Un piquet retient tant qu'il est enfoncé, et qui l'a enfoncé peut l'arracher.
Un seul verbe régit les deux : la couche et les piquets sont un acte à deux moitiés, une douceur pour s'étendre et une ancre qui l'empêche de glisser. Et le mot choisi pour la plus grande chose en vue est un mot qui ne signifie rien par lui-même, et dont le verset ne nomme jamais l'autre bout. Ce qui sera plus tard mis en marche ne fut jamais fixe par nature, seulement par placement.