﴾ When they meet those who are producing trust, they say "we have produced trust." When they go back to their own circles of distancers, they say "we are with you; we are only making fun." ﴿
The first of the verses on nifāq set out the structure: a heart with two openings. Here that same structure steps into plain social action. When they meet those who are producing trust they say "we have come to trust"; when they withdraw into their own circle they say "we are with you". This is not a passing change of colour, it is a mode of existence: one self with two openings, using whichever opening suits the face in front of it. And what the verse holds against them is not a private weakness of the heart that stays unseen; it is conduct in the open, conduct that can be counted and looked at. A word raised in one room and undone in the other: that alone is the act brought to account.
Shayṭān, in its root sh-ṭ-n, is distance, a going away from what is straight. "Their shayāṭīn" in this verse need not be unseen beings only. They may be the leaders and figureheads of the covering-over, who carry those around them away from the middle of the road, and they may be inner leanings that pull the mind off its own centre. The possessive settles the relation: these are not passers-by but partners in a private circle, and the munāfiq comes back to it the way a person comes back to his house. And khalaw is the exact bridge in the wording: khalā, from kh-l-w, is to be apart in a closed emptiness where nobody is looking. That is where the second face is shown, in the place where no human watcher is feared. Being alone from people is not being alone from God.
Mockery, in its root h-z-ʾ, is not simply laughter or a turn of verbal ridicule. It is an emptying of the worth of the one mocked: he is made into something light, with no weight left in him, and once he is light he is easy to step past. And the restricting innamā of their sentence, the same particle that carried "we are only the ones repairing it" two verses back, returns here. A self shuts against itself the door of every other account of what it is doing, and calls the thing amusement and nothing more. What it is in truth is harm arranged and handed over under the banner of play. So the next verse answers in their own vocabulary, "God lets their mockery return on them", an answer of the same kind as the act and not one fetched from outside it.
What the earlier verses described as a structure turns here into a scene with a picture in it: two rooms and two faces, each room shut tight on whoever is inside it. Khalaw, from kh-l-w, is to be apart in an emptiness where no human watches, and there the second face comes out, comes out in forgetfulness, because being alone from people is not being alone from God. Their shayāṭīn, from sh-ṭ-n, distance and drift away from the centre, are not passers-by but partners in a private circle the munāfiq returns to as a person returns to his house. And their word in the second room is "we are only making fun of them": mockery, from h-z-ʾ, empties the worth of the one mocked and shows him light, with no weight in him, and the restricting innamā recurs exactly as it recurred in "we are only the ones repairing it" two verses back, a self locking every other description of its own act out of the room. So the emptying they worked on those who are producing trust, they worked in private talk, in the room they took to be closed. And whoever does not know that the back wall of the tunnel screens off no watcher cannot choose between his two faces.
﴾ Quand ils rencontrent ceux qui produisent la sûreté, ils disent : « nous avons produit la sûreté ». Quand ils se retrouvent entre eux, dans leurs cercles de distanciation, ils disent : « nous sommes avec vous ; nous ne faisons que nous moquer ». ﴿
Le premier des versets sur le nifāq a décrit la structure : un cœur à deux ouvertures. Ici, le verset présente cette même structure dans l'acte social déclaré : quand ils rencontrent ceux qui produisent la sûreté ils disent « nous avons produit la sûreté », et quand ils se retirent dans leur cercle propre ils disent « nous sommes avec vous ». Ce n'est pas un changement de couleur que l'on choisit, c'est un mode d'existence : un seul être à deux ouvertures, qui se sert de chacune selon celui qui lui fait face. Et le reproche du verset ne porte pas sur une faiblesse de cœur dont son porteur n'aurait pas eu le choix, mais sur une conduite manifeste, que l'on compte et que l'on voit : la parole dite dans une assemblée et défaite dans une autre, et cela seul est l'acte dont il est tenu compte.
Le mot shayṭān, dans sa racine (sh-ṭ-n), est l'éloignement, le fait de s'écarter de ce qui est droit. « Leurs shayāṭīn », dans ce verset, ne désignent pas nécessairement des êtres du monde caché seulement : ce peuvent être les meneurs du recouvrement et ses têtes, qui éloignent ceux qui les entourent du milieu de la route, et ce peuvent être des penchants intérieurs qui tirent l'esprit loin de son centre. Le possessif établit la relation : ceux-là ne sont pas des passants mais les associés d'un cercle privé auquel le munāfiq revient comme on revient chez soi. Et « ils se retrouvent entre eux » est le pont exact de la langue : khalā, de (kh-l-w), c'est être seul dans un vide clos où nul ne vous regarde ; c'est donc là qu'ils découvrent leur second visage, à l'endroit où ils ne craignent plus l'œil humain, sans prendre garde que se retirer des gens n'est pas se retirer d'Allah.
La moquerie, dans sa racine (h-z-ʾ), n'est pas un simple rire ni une raillerie de langage : c'est un vidage de la valeur de celui dont on se moque, on le change en chose légère et sans poids, et il devient alors facile à son moqueur de passer outre. Et le « ne... que » restrictif de leur phrase, le même qui portait « nous ne sommes que ceux qui réparent » deux versets plus haut, revient ici : un soi ferme sur lui-même la porte de toute autre interprétation de son acte, et le nomme « simple divertissement ». Ce qu'il est en vérité, c'est un dommage arrangé et présenté sous la bannière du jeu ; et c'est pourquoi le texte répondra au verset suivant dans leur langue même, « Allah retourne sur eux leur propre moquerie », une réponse du genre de l'acte et non venue du dehors.
Ce qui, dans les versets précédents, était la description d'une structure devient ici une scène en image : deux chambres et deux visages, chacune bien close sur qui s'y tient. « Ils se retrouvent entre eux » (kh-l-w) est l'isolement dans un vide où nul humain ne les surveille, et c'est là qu'ils découvrent leur second visage, par oubli, car se retirer des gens n'est pas se retirer d'Allah. Et leurs shayāṭīn (sh-ṭ-n : l'éloignement, l'écart hors du centre) ne sont pas des passants mais les associés d'un cercle privé auquel le munāfiq revient comme un homme revient à sa maison. Leur parole, dans la seconde chambre, est « nous ne faisons que nous moquer d'eux » : la moquerie (h-z-ʾ) vide de sa valeur celui qu'elle vise et le fait paraître léger, sans poids, et l'outil de restriction « ne... que » revient comme il était revenu dans « nous ne sommes que ceux qui réparent » deux versets plus haut : un soi qui verrouille sur lui-même toute autre description de son propre acte. Ce vidage qu'ils ont exercé sur ceux qui produisent la sûreté, ils l'ont exercé dans la parole privée, dans la chambre qu'ils croyaient close ; et qui n'a pas su que le mur du fond du terrier ne fait écran à aucun regard n'a pas pu choisir entre ses deux visages.