﴾ Allah wills to turn toward you, and those who follow the desires (shahawāt) will that you incline, a great inclining. ﴿
The verse takes up one of the wills of the verse before, the turning, and sets it alone at its head, with the name of Allah placed before the verb, wa-llāhu yurīdu, whereas in the previous verse the verb came first, yurīdu llāhu. Placing the name first here prepares a contrast: the verse sets one will against another that it names next. The verb after it comes with an, "to turn toward you", so the turning is itself what is willed.
Tawba, from t-w-b, is a return after a letting go, and in the verse it is joined to "toward you" (ʿalaykum), so the one who turns here is Allah, toward those addressed, and they are where the turning arrives. The act in the first half is thus Allah's act, falling on them and reaching them, and its very wording returns after standing third of three in the previous verse, set apart here to face what follows it.
Then comes "and those who follow the desires will", repeating the same verb with another subject, so the verse holds two wills. It identifies the holders of the second will by their description alone: "those who follow the desires". Ittibāʿ, following, is from t-b-ʿ, walking behind something that goes ahead and catching up with its track, and its form carries the effort of this catching up; what goes ahead of them here is "the desires", so they are followers led by what they crave.
Shahawāt is the plural of shahwa, from sh-h-w, the self's pull toward what it craves; the root draws a spreading that fades into an emptiness and then reaches out to what would fill it. The first desire that Āl ʿImrān lists is women, ﴿زُيِّنَ لِلنَّاسِ حُبُّ الشَّهَوَاتِ مِنَ النِّسَاءِ﴾, "made beautiful for humankind is the love of desires, of women", and the verse here comes at the end of a long passage about women and marrying them, so the nearest sense for the desires here is what the verses before it turned upon.
What these people will is "that you incline, a great inclining". Mayl, inclining, is from m-y-l, a thing sliding from its level toward one of its sides. In the first half the verb was Allah's act falling on those addressed, and here it is an act of those addressed themselves, "that you incline": those who follow the desires will that those addressed do something, while Allah wills to do something Himself toward them. Turning back and inclining are opposite movements: the first returns to the place, and the second veers away from it.
The verb is strengthened by its own noun and described: "a great inclining" (maylan ʿaẓīman). ʿAẓīm is from ʿ-ẓ-m, from which comes ʿaẓm, bone, what is hard and heavy in the body, so the inclining they want is one that grows until it has bulk and weight. The Surah speaks of inclining between women, ﴿فَلَا تَمِيلُوا كُلَّ الْمَيْلِ﴾, "do not incline all the way", and near its opening it says ﴿ذَٰلِكَ أَدْنَىٰ أَلَّا تَعُولُوا﴾, "that is nearer to your not tilting"; the Surah weighs inclining and measures it, and the followers of desires want it beyond any weighing: "a great inclining".
The verse takes up the will to turn by itself, with the name of Allah placed first to face another will, the will of those who follow the desires; following, from t-b-ʿ, is walking behind one who goes ahead, and the desires, from sh-h-w, are an emptiness reaching toward what would fill it, their nearest sense being what the verses turned upon, women and marrying them. The two wills run opposite ways: Allah wills an act He does Himself, a turning toward them, and those others will an act that those addressed are to do, an inclining, from m-y-l, away from the level, strengthened by its own noun and described by greatness, from ʿ-ẓ-m, in a Surah that weighs inclining and measures it.
﴾ Allāh veut revenir vers vous, et ceux qui suivent les désirs (shahawāt) veulent que vous penchiez d'un penchant immense. ﴿
Le verset reprend l'une des volontés du verset précédent, le retour, et la place seule en tête, le nom d'Allāh étant placé avant le verbe, wa-llāhu yurīdu, alors qu'au verset précédent le verbe venait d'abord, yurīdu llāhu. Placer le nom en tête prépare ici une opposition : le verset dresse une volonté face à une autre volonté qu'il nomme ensuite. Le verbe qui le suit vient avec an, « revenir vers vous », si bien que le retour est lui-même ce qui est voulu.
La tawba, de t-w-b, est un retour après un relâchement, et elle est jointe dans le verset à « vers vous » (ʿalaykum) : celui qui revient ici est Allāh, vers ceux à qui l'on s'adresse, et c'est sur eux que le retour aboutit. L'acte de la première moitié est donc l'acte d'Allāh, qui tombe sur eux et les atteint, et sa formulation même revient après avoir été la troisième de trois au verset précédent, mise à part ici pour faire face à ce qui la suit.
Vient ensuite « et ceux qui suivent les désirs veulent », qui reprend le même verbe avec un autre sujet, si bien que le verset porte deux volontés. Il identifie les porteurs de la seconde volonté par leur seule qualité : « ceux qui suivent les désirs ». L'ittibāʿ, le fait de suivre, vient de t-b-ʿ, marcher derrière une chose qui va devant et rattraper sa trace, et sa forme y ajoute l'effort de ce rattrapage ; ce qui va devant eux ici, ce sont « les désirs », si bien qu'ils sont des suiveurs menés par ce qu'ils convoitent.
Les shahawāt sont le pluriel de shahwa, de sh-h-w, l'élan de l'âme vers ce qu'elle convoite ; la racine dessine une expansion qui s'éteint dans un vide puis se tend vers ce qui le comblerait. Le premier désir qu'énumère Āl ʿImrān, ce sont les femmes, ﴿زُيِّنَ لِلنَّاسِ حُبُّ الشَّهَوَاتِ مِنَ النِّسَاءِ﴾, « a été rendu beau pour les humains l'amour des désirs : les femmes », et le verset vient ici au terme d'un long passage sur les femmes et leur mariage, si bien que le sens le plus proche des désirs, ici, est ce autour de quoi tournaient les versets qui le précèdent.
Ce que veulent ces gens, c'est « que vous penchiez d'un penchant immense ». Le mayl, le penchant, vient de m-y-l, une chose qui glisse de son équilibre vers l'un de ses côtés. Dans la première moitié, le verbe était l'acte d'Allāh tombant sur ceux à qui l'on s'adresse, et ici il est un acte de ceux-là mêmes à qui l'on s'adresse, « que vous penchiez » : ceux qui suivent les désirs veulent que ceux à qui l'on s'adresse fassent une chose, tandis qu'Allāh veut faire Lui-même une chose envers eux. Revenir et pencher sont deux mouvements contraires : le premier retourne au lieu, le second s'en écarte.
Le verbe est renforcé par son propre nom et qualifié : « un penchant immense » (maylan ʿaẓīman). ʿAẓīm vient de ʿ-ẓ-m, d'où vient ʿaẓm, l'os, ce qui est dur et lourd dans le corps, si bien que le penchant voulu est un penchant qui grossit jusqu'à avoir masse et poids. La sourate parle du penchant entre les femmes, ﴿فَلَا تَمِيلُوا كُلَّ الْمَيْلِ﴾, « ne penchez donc pas tout à fait », et près de son ouverture elle dit ﴿ذَٰلِكَ أَدْنَىٰ أَلَّا تَعُولُوا﴾, « cela vous rapproche davantage de ne pas pencher » ; la sourate pèse le penchant et le mesure, et ceux qui suivent les désirs le veulent hors de toute pesée : « un penchant immense ».
Le verset reprend seule la volonté du retour, le nom d'Allāh placé en tête pour faire face à une autre volonté, celle de ceux qui suivent les désirs ; suivre, de t-b-ʿ, c'est marcher derrière ce qui va devant, et les désirs, de sh-h-w, sont un vide qui se tend vers ce qui le comblerait, leur sens le plus proche étant ce autour de quoi tournaient les versets, les femmes et leur mariage. Les deux volontés vont en sens contraires : Allāh veut un acte qu'Il accomplit Lui-même, un retour vers eux, et ces autres veulent un acte que doivent accomplir ceux à qui l'on s'adresse, un penchant, de m-y-l, hors de l'équilibre, renforcé par son propre nom et qualifié par l'immensité, de ʿ-ẓ-m, dans une sourate qui pèse le penchant et le mesure.