﴾ They said: Your omen is with yourselves. Is it because you were reminded? Rather you are a people who exceed all bounds. ﴿
The messengers met the omen-taking with a word that reverses its attribution: "Your omen is with yourselves." The ṭāʾir is what one takes as an omen, one's share of good or evil, which he hangs on another. Their words "with yourselves" deny that it lies in the one who came to them and affirm that it lies in them: what befalls you of harm has its source in your deeds, not in our coming; it is with you, clinging to you, carried wherever you go. This corrects the location of the cause: the turner-away hangs his misery on something outside, while in truth he carries its cause within himself.
"Is it because you were reminded?" is a rhetorical question of disapproval: do you make the coming of the reminder the cause of this threat and this omen-taking? The reminder (dh-k-r) is the return of what was covered to presence, a mercy, not a crime. How can what awakens the heart turn into a fault for which its bearer is punished with stoning? The disapproval lays bare the inversion of the scales among them: the one who reminds has become the accused, and the reminder itself a cause of ill omen.
"Rather" (bal) turns from negating their claim to diagnosing their state: the cause lies in you, not in the reminder, "you are a people who exceed all bounds." Isrāf (root s-r-f) is overstepping the bound in a thing until it departs from its purpose. The cause is their overstepping, in denial, in threat, and in hanging their misery on others. The omen is with them because their excess is with them; they carry it, and so carry its ill luck. With this the reply is complete: the ill omen lies in the recipient's overstepping of his bound, not in the message.
The messengers repel the omen-taking with three strokes. "Your omen is with yourselves": what befalls you has its source in you, not in the one who came to you, so it is bound to you and carried wherever you go; this corrects the location of the cause. Then comes "Is it because you were reminded?", a rhetorical question of disapproval: do you make the reminder (dh-k-r, the return of what was covered to presence) a crime punished with stoning? It lays bare the inversion of the scales. Then "Rather you are a people who exceed all bounds" (s-r-f, the overstepping of the bound) diagnoses the cause as lying in their excess, not in the message. The omen is with them because their excess is with them: the ill omen lies in the recipient's overstepping of his bound, not in the one who conveys.
﴾ Ils dirent : Votre présage est avec vous-mêmes. Est-ce parce qu'on vous a rappelés ? Vous êtes plutôt un peuple outrancier. ﴿
Les envoyés accueillirent la prise de présage par une parole qui en renverse l'attribution : « Votre présage est avec vous-mêmes ». Le ṭāʾir est ce que l'on prend pour présage, sa part de bien ou de mal qu'on suspend à autrui. Leur parole « avec vous-mêmes » nie qu'il soit en celui qui vint à eux et affirme qu'il est en eux : ce qui vous frappe de mal a sa source dans vos actes, non dans notre venue ; il est avec vous, attaché à vous, porté où que vous alliez. C'est une correction du lieu de la cause : celui qui se détourne suspend sa misère au-dehors, alors que la vérité est qu'il en porte la cause en lui-même.
« Est-ce parce qu'on vous a rappelés ? » est une question de réprobation rhétorique : faites-vous de la venue du rappel la cause de cette menace et de cette prise de présage ? Le rappel (dh-k-r) est le retour à la présence de ce qui était recouvert, une miséricorde, non un crime. Comment ce qui éveille le cœur se mue-t-il en faute pour laquelle son porteur est puni de lapidation ? La réprobation découvre le renversement des balances chez eux : celui qui rappelle est devenu l'accusé, et le rappel lui-même une cause de mauvais présage.
« Plutôt » (bal) passe de la négation de leur prétention au diagnostic de leur état : la cause n'est pas dans le rappel mais en vous, « vous êtes plutôt un peuple outrancier ». L'isrāf (racine s-r-f) c'est franchir la borne d'une chose jusqu'à ce qu'elle quitte son but. La cause est leur franchissement de la borne : dans le démenti, dans la menace, et dans la suspension de leur misère à autrui. Le présage est donc avec eux parce que leur démesure est avec eux ; ils la portent et en portent donc le malheur. Ainsi la réponse est complète : le mauvais présage n'est pas dans le message mais dans le dépassement par le destinataire de sa propre borne.
Les envoyés repoussent la prise de présage par trois coups. « Votre présage est avec vous-mêmes » : ce qui vous frappe a sa source en vous et non en celui qui vint à vous, il vous est donc attaché et porté où que vous alliez, une correction du lieu de la cause. Puis « Est-ce parce qu'on vous a rappelés ? », une question de réprobation rhétorique : faites-vous du rappel (dh-k-r, le retour à la présence de ce qui était recouvert) un crime puni de lapidation ? Un dévoilement du renversement des balances. Puis « Vous êtes plutôt un peuple outrancier » (s-r-f, le franchissement de la borne) : le diagnostic de la cause dans leur démesure et non dans le message. Le présage est avec eux parce que leur démesure est avec eux : le mauvais présage gît dans le dépassement par le destinataire de sa borne, et non dans celui qui transmet.