﴾ And you love wealth with an abounding, heaped-up love. ﴿
The verb is from ḥ-b-b, a root that turns on a warm attachment that stays and does not come loose. In the speech of the Arabs, al-ḥabb is a hidden kernel in whose core life is knotted, and love is of that kind: a knot tied in the heart that holds its bearer fast to what is loved. The address here is to many and joined to what precedes it, "and you love," a standing, continuous act that does not break off. It describes a shape settled deep in the self, not a passing state.
What is blamed is where love has fallen, not love in itself: a heart attached to wealth with an attachment that fills it. The nearby verses have already spoken of the one who was given and said "my Rabb (the Nurturing Sustainer) has honoured me," and of the one who was straitened and said "my Rabb has abased me." This love comes to lay bare where the fault lies: the heart weighs honour by what it is given, because it is pulled tight toward wealth.
Al-māl, "wealth," is from m-w-l, and in its make there is a holding that contains what clings to it and takes it into possession, drawn out and tied to its owner. So wealth is what gathers between its owner's hands, so that the owner holds it and is held by it, owning it and owned by it at once. It is a sum that is drawn together, not one thing: a count that is heaped and kept, held by its owner for fear that it slip away.
The choice of this very word carries meaning: the verse singles out the owned sum that is taken into possession and held, and does not say "and you love the world" in all its breadth. So love here is knotted onto what is gathered and counted, not onto what is of use and is spent. A heart that leans toward wealth leans, with it, away from everything else, for to lean toward one side is to turn away from all the others.
Ḥubban is a verbal noun that confirms the verb and fixes it; jamman then describes this love with a word taken from j-m-m. Al-jamm is what is gathered, much and thickening, until it brims and overflows. One says jamma al-māʾu fī al-ḥawḍ when water has gathered in the basin and grown much, and al-jumma is a thick gathering of hair. So an abounding love is a hoarded, piled-up love that is never content: whenever some of it gathers, it asks for more.
So the description tells how much wealth is loved, and how it is loved as well: with a heaped love that goes past the measure of need and beyond it. This overflow in the love is matched to its object. Wealth is a sum that is heaped, and the love for it is a sum heaped in the same way, so heap gathers upon heap: wealth that is amassed, and a love for amassing it that brims.
The verse describes a shape settled in the self. "You love," from ḥ-b-b, is a warm attachment knotted in the heart that does not come loose, and it has fallen upon "wealth," from m-w-l, the owned sum that is taken into possession, held and heaped. Then comes "an abounding, heaped-up love," ḥubban jamman, from j-m-m, confirming the verb and measuring its amount as a thickening heap that brims and is never content. So the thing described and its description are of one kind: wealth amassed and heaped, and a love for amassing it that brims alike. In this the verse lays bare where the leaning lies in the human being when honour is weighed by what is given: a heart that leaned toward the gathered sum, and so leaned, with it, away from all else.
﴾ Et vous aimez les biens d'un amour amoncelé, débordant. ﴿
Le verbe vient de ḥ-b-b, racine qui tourne autour d'un attachement chaud qui demeure et ne se dénoue pas. Dans la langue des Arabes, al-ḥabb est un noyau caché au cœur duquel la vie se noue, et l'amour est de cette espèce : un nœud noué dans le cœur, qui tient celui qui le porte attaché à ce qu'il aime. L'adresse est ici collective, et jointe à ce qui précède : « et vous aimez », un acte établi et continu qui ne s'interrompt pas. Il décrit une disposition ancrée dans l'âme, non un état passager.
L'amour en lui-même n'est pas ce qui est blâmé ; ce qui l'est, c'est le lieu où il est tombé : un cœur attaché aux biens d'un attachement qui le remplit. Les versets proches ont déjà parlé de celui qui a reçu et a dit « mon Rabb (Celui qui fait croître et veille) m'a honoré », et de celui qui a été mis à l'étroit et a dit « mon Rabb m'a ravalé ». Cet amour vient mettre à nu le lieu du défaut : le cœur pèse l'honneur à ce qu'il reçoit, parce qu'il est tendu de toute sa force vers les biens.
Al-māl, « les biens », vient de m-w-l, et dans sa facture il y a une tenue qui contient ce qui s'y attache et en prend possession, prolongée et reliée à son détenteur. Les biens sont donc ce qui se rassemble entre les mains de leur détenteur, en sorte qu'il les tient et qu'ils le tiennent, lui qui les possède et qu'ils possèdent à la fois. Ce n'est pas non plus une chose unique : c'est une somme que l'on réunit, un compte que l'on entasse et que l'on garde, tenu par son détenteur de peur qu'il ne s'échappe.
Le choix de ce mot précisément porte un sens. Le verset ne dit pas « et vous aimez le monde » dans toute son ampleur ; il désigne la somme possédée que l'on s'approprie et que l'on tient. L'amour s'est donc noué ici sur ce que l'on rassemble et que l'on compte, non sur ce qui sert et que l'on dépense. Le cœur qui penche vers les biens penche avec eux loin de tout le reste, car pencher d'un côté, c'est se détourner de tous les autres.
Ḥubban est un nom verbal qui confirme le verbe et le fixe ; puis jamman décrit cet amour par un mot pris de j-m-m. Al-jamm est ce qui est rassemblé, abondant et épaissi, jusqu'à ce qu'il déborde et se répande. On dit jamma al-māʾu fī al-ḥawḍ quand l'eau s'est rassemblée dans le bassin et y a abondé, et al-jumma est une masse épaisse de cheveux réunis. L'amour débordant est donc un amour thésaurisé et amoncelé qui ne se contente jamais : chaque fois qu'il s'en rassemble un peu, il en demande davantage.
La description ne dit donc pas seulement comment les biens sont aimés, mais combien : d'un amour amoncelé qui dépasse la mesure du besoin et va au-delà. Ce débordement de l'amour est accordé à son objet. Les biens sont une somme qu'on entasse, et l'amour qu'on leur porte est une somme entassée de la même façon ; ainsi tas s'ajoute à tas : des biens qu'on amasse, et un amour de les amasser qui déborde.
Le verset décrit une disposition ancrée dans l'âme. « Vous aimez », de ḥ-b-b, est un attachement chaud noué dans le cœur qui ne se dénoue pas, et il est tombé sur « les biens », de m-w-l, la somme possédée que l'on s'approprie, tenue et entassée. Vient ensuite « d'un amour amoncelé, débordant », ḥubban jamman, de j-m-m, qui confirme le verbe et en mesure la quantité comme un tas épaissi qui déborde et ne se contente jamais. Le décrit et sa description sont donc d'une même espèce : des biens qu'on amasse et qu'on entasse, et un amour de les amasser qui déborde de même. Par là le verset met à nu le lieu du penchant chez l'être humain, quand l'honneur est pesé à ce qui est donné : un cœur qui a penché vers la somme rassemblée, et qui s'est ainsi détourné avec elle de tout le reste.