﴾ And He sent upon them birds in successive flocks. ﴿
Sending, in Arabic, is not the bare going out from a place. It is a continuous setting in motion toward a fixed destination. That is why the bearer of a message is called rasūl: the one in whom what is joined runs on to its destination. The birds in the verse are mursal, set moving along a drawn line toward a known place.
And this uncovers a dimension the ear does not catch quickly: the birds did not come by chance and did not come by opportunity. It was committed to them to come in this shape, upon these in particular, at this very time. And in "upon them" there is a kind of singling out. What was sent was not sent over the place they had aimed at, to shelter it, but over those who aimed at it, to come down on them. The same doer moved the sending from the place aimed at to the ones aiming.
And the Qurʾān knows the opposite of this sending, another sending, which comes as mercy and not as requital. The word is the same and the object differs: ﴿وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا رَحْمَةً لِّلْعَالَمِينَ﴾, "and We sent you only as a mercy to the worlds." The sending is in His hand: if He wills it is a mercy that covers, and if He wills it is a blow that comes down. And a plotting aimed at that place called out the sending in its second face.
The bird, in the Arabic root ṭ-y-r, is a creature whose two wings fold shut and then stretch, fold shut and then stretch. A movement of repetition between a gripping and a spreading. And it is this very movement that makes the bird able to carry and to bear across the air, light as it is.
And the choosing of the bird in particular, to come down with these stones, carries its own eloquence. Had the stones come down from the sky bare, the sign would have been overwhelming but its source unknown. They came down in the beak of a known creature, one that is recognized and named. The sign is uncovered even in what relays it: a Lord who sends, a bird that carries, stones that come down. The doer is one, the relays are several, and the trace is seen.
And in that is a teaching: the one who wards off for you has no need to come down Himself to ward off. He puts to work what is lower than the force you lean upon, and by that lower thing the force is broken. No larger elephant was set against the elephant. The birds were. The kind differs, the station differs, and the outcome is the same.
Abābīl is among the strangest words in the Qurʾān, and its root does not settle on one face. Is it a plural with no singular of its own? Or the plural of ibbāla, the tied bundle? Or the plural of ibbīl? What all these faces most converge on is that the meaning turns on the group that follows the group. Not one dense flock, but flocks in succession: whenever one has passed, another comes behind it.
And the figure speaks: the engineered plotting they had built in one ordered rank is met by birds in wave upon wave. The multitude they had counted as theirs comes down on them in another shape, not a multitude of men but a multitude of flocks. And every time they lifted their faces to the sky to see, they saw one more wave behind the one that had just passed.
And the Qurʾān holds to this figure. It did not say "many birds," nor "gathered birds," but abābīl. The word itself carries the image of succession. It is as though the sky had begun to rain waves, to rain and then rain and then rain. And whoever looks up from below knows that the thing is no passing accident, but an ordered descent recited over their heads.
After the plotting had been placed into wandering, the relay came that carried the answer from above. No host of angels and no thunderbolts out of the clouds, but birds. Arsala (r-s-l) is a continuous setting in motion toward a destination, the very word used for the sending of messengers: ﴿أَرْسَلْنَا فِيكُمْ رَسُولًا﴾, "We sent among you a messenger." There a man carries a Book; here birds carry stones. The birds come indefinite, their kind left unfixed: what is meant is the act and not the classification. Then abābīl, a plural with no singular, summoning the image of groups that follow one another: not one dense flock, but waves that relieve each other. A plotting built rank by rank was met by birds coming down rank by rank. The heavy force that holds to the ground is met by the thinnest thing that flies, set in motion and aimed, and not merely passing.
﴾ Et Il envoya contre eux des oiseaux en bandes successives. ﴿
L’envoi, en arabe, n’est pas un simple fait de sortir d’un lieu, c’est une mise en marche continue vers un but défini. C’est pourquoi le porteur du message s’appelle « rasūl » : celui qui fait courir ce qui est relié jusqu’à sa destination. Les oiseaux, dans le verset, sont « mursal » : mis en marche sur une ligne tracée, vers un endroit connu.
Et cela découvre une dimension que l’oreille ne saisit pas vite : les oiseaux ne sont venus ni par hasard ni par occasion. Il leur a été confié de venir sous cette figure, vers ceux-là précisément, en ce moment précis. Et dans Sa parole « sur eux » il y a une sorte de désignation : les oiseaux ne sont pas venus sur le lieu visé pour le garder, mais sur l’armée pour s’abattre sur elle. Le même agent a déplacé l’envoi du lieu visé vers ceux qui le visaient.
Et le Coran connaît le contraire de cet envoi, un autre envoi, qui vient comme miséricorde et non comme sanction. Le mot est le même et le complément diffère : ﴿وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا رَحْمَةً لِّلْعَالَمِينَ﴾. L’envoi est dans Sa main : s’Il veut, il est une miséricorde qui couvre, et s’Il veut, il est un coup qui descend. Et le kayd dirigé vers ce lieu a appelé l’envoi sous son second visage.
L’oiseau, dans la racine arabe ṭ-y-r, est une créature dont les deux ailes se replient puis s’étendent, puis se replient puis s’étendent. Un mouvement de répétition entre la prise et le déploiement. Et c’est ce mouvement même qui rend l’oiseau capable de porter et de transporter en l’air, malgré sa légèreté.
Et le choix de l’oiseau en particulier pour descendre avec ces pierres porte un sens d’éloquence. Si les pierres étaient descendues du ciel toutes nues, ce serait un signe écrasant mais dont la source resterait inconnue. Elles sont descendues dans le bec d’une créature connue, que l’on reconnaît et que l’on nomme. Le signe est découvert jusque dans ses relais : un Seigneur qui envoie, un oiseau qui porte, et des pierres qui descendent. L’agent est un, les relais sont plusieurs, et la trace se voit.
Et il y a là un enseignement : celui qui repousse pour toi n’a pas besoin de descendre Lui-même pour repousser. Il soumet ce qui est plus bas que la force sur laquelle tu t’adosses, et c’est par elle qu’elle se brise. Il n’a pas dressé contre l’éléphant un éléphant plus grand, Il a dressé contre lui les oiseaux. L’espèce diffère, la position diffère, et le résultat est le même.
« Abābīl » est parmi les plus étranges des mots du Coran. La langue ne s’accorde pas sur sa forme : un pluriel sans singulier, un pluriel d’« ibbālah » (la botte liée), un pluriel d’« ibbīl » ? Ce sur quoi les sens convergent, c’est que le mot tourne autour du groupe qui suit le groupe. Non une nuée unique et dense, mais des bandes qui se succèdent : chaque fois qu’une bande passe, une autre lui vient derrière.
Et l’image est parlante : le kayd monté qu’ils avaient bâti en une rangée bien ordonnée se voit répondre par des oiseaux en vagues successives. Le nombre dont ils croyaient qu’il était le leur descend sur eux sous une autre figure : non un nombre de soldats, mais un nombre de bandes. Et chaque fois qu’ils levaient le visage vers le ciel pour voir, ils voyaient une vague de plus derrière celle qui venait de passer.
Et le Coran tient à cette figure. Il n’a pas dit « des oiseaux nombreux » ni « des oiseaux rassemblés », mais « abābīl ». Le mot porte en lui-même l’image de la succession. Comme si le ciel s’était mis à pleuvoir des vagues, à pleuvoir puis pleuvoir puis pleuvoir. Et celui qui regarde d’en bas sait que la chose n’est pas un hasard de passage, mais une descente ordonnée qui se récite au-dessus des têtes.
Après que le kayd eut été mis dans l’égarement, vint le relais qui porta la réponse d’en haut. Ni armée d’anges ni foudres tombées des nuées, mais des oiseaux. « Arsala » (r-s-l) est une mise en marche continue vers un but, le mot même qui sert à l’envoi des messagers : ﴿أَرْسَلْنَا فِيكُمْ رَسُولًا﴾. Là un homme porte un Livre, ici des oiseaux portent des pierres. Les oiseaux viennent indéterminés, sans que leur espèce soit fixée : ce qui est visé est l’acte et non le classement. Puis « abābīl », un pluriel sans singulier, qui convoque l’image des groupes qui se suivent : non une nuée unique et dense, mais des vagues qui se relaient. Le kayd bâti en rangée s’est vu répondre par des oiseaux qui descendent rangée après rangée. La force lourde, celle qui colle à la terre, se voit répondre par ce qu’il y a de plus ténu dans l’air, mis en marche et pointé, non passant.