﴾ Read your own writing. Your own self suffices today as a reckoner set over you. ﴿
Iqraʾ kitābaka, "Read your own writing": the command comes down on the owner of the writing. It is a singular imperative, and its object is joined to the one addressed himself. The verse does not say "his writing is read," nor "read his writing to him," and no third reader is set up between him and his page. The command is his, the writing is his, and the reading is his to take up in person.
Iqraʾ and kitābaka each have a concept written for them in the glossary, to which the reader can return, so they are not taken apart again here. What this verse adds to them is one thing: that the two met in a single person, the one commanded to gather being the one it is gathered against.
The verb kafā, "suffices," is in the past, and what sufficed is named right after it: bi-nafsika, "your own self." The bi here is redundant and ties the noun to nothing, so nafs is genitive in its wording and nominative in its place, and it is the agent of kafā; that is, the agent is the addressee's own self, drawn into the genitive by a redundant bi. No other noun in the verse is fit to be the agent: ḥasīban is accusative and cannot be raised, al-yawma, "today," is an adverb of time, and ʿalayka, "over you," is a preposition with its object. So what suffices is the self joined to the one addressed.
A point here requires comment. The sufficing in this verse did not come down to the one addressed from outside him; it rose out of what is joined to him. Yet the manner of its rising is telling. The self was not raised bare, the way every other agent is raised; it came under a bi, and by the word nafs, not by the pronoun of address alone. Had the verse said "you sufficed over you," the sense would have fallen apart. So the verse splits the one addressed into two, in order to set the one over the other.
Al-yawma ʿalayka ḥasīban, "today," "over you," "a reckoner": one person in two places. The verse has ʿalayka, "over you," not laka, "for you," and the particle fixes the direction: the one standing above, not the one standing alongside. The one addressed turns up several times in one short verse: the -ka of "your own writing," the -ka of "your own self," and the -ka of "over you." These are three attachments to one person, spread over three positions: the owner of the writing, the one who suffices, and the one sufficed against.
Ḥasīban, "as a reckoner," is accusative and makes plain the respect in which the self sufficed. It is from ḥ-s-b, the root of counting and estimating, which has its own concept, and its account is not repeated here. What can be read in the verse is that the two roots did not mix: the one that suffices is a root of a barrier that holds off and extends, and the one by which the reckoning is done is a root of tallying that fixes and measures. So what has been set over the addressee is a number that counts, not an adversary who contends, and a number is not argued with.
A command comes down on the owner of the writing and on no one else, so the act and its place meet in one person. A statement in the past then fixes a sufficing that has already happened, and its agent is "your own self," genitive under a redundant bi in the place of a nominative; no other noun in the verse can stand in for it. With "over you" the one addressed comes back a third time, this time beneath what rose out of him. The verse closes on "a reckoner," from the root of counting, so what was set up over him is a tally, not a quarrel. The sufficing here did not come down to the addressee from above: what is in him was set up above him, and in his hand is a page he reads by his own self.
﴾ Lis ton propre écrit. Aujourd'hui, ton propre soi suffit, dressé contre toi, à tenir le compte. ﴿
Iqraʾ kitābaka, « Lis ton propre écrit » : l'ordre descend sur le propriétaire de l'écrit. Un impératif au singulier, et son objet rattaché à celui-là même à qui la parole s'adresse. Il n'a pas été dit « son écrit est lu », ni « lis-lui son écrit », et nul lecteur tiers n'a été dressé entre lui et sa page. L'ordre est à lui, l'écrit est à lui, et la lecture lui revient, à lui de s'en charger en personne.
Iqraʾ et kitābaka ont chacun un concept écrit au glossaire, auquel on peut se reporter ; ils ne sont donc pas redécomposés ici. Ce que ce verset y ajoute tient en une seule chose : les deux se sont rejoints en une seule personne. Celui à qui l'on ordonne de rassembler est celui contre qui l'on rassemble.
Le verbe est à l'accompli : kafā, « suffit ». Ce qui a suffi est nommé juste après : bi-nafsika, « ton propre soi ». Le bi est ici surnuméraire et ne rattache le nom à rien : nafs est au génitif par sa forme et au nominatif par sa place, et c'est l'agent de kafā ; l'agent est le propre soi de celui à qui la parole s'adresse, mis au génitif par un bi surnuméraire. Aucun autre nom du verset ne peut tenir lieu d'agent : ḥasīban est à l'accusatif et ne peut être élevé au nominatif, al-yawma, « aujourd'hui », est un complément de temps, et ʿalayka, « contre toi », est une préposition avec son régime. Ce qui suffit, c'est donc le soi rattaché à celui à qui la parole s'adresse.
Il y a ici quelque chose qu'il faut dire. Le suffire, dans ce verset, n'est pas descendu vers celui à qui la parole s'adresse depuis le dehors ; il s'est levé de ce qui lui est rattaché. Mais remarquez comment il s'est levé. Le soi n'a pas été élevé nu, comme sont élevés tous les autres agents : il est venu sous un bi, et il est venu par le mot nafs, non par le seul pronom d'adresse. S'il avait été dit « tu as suffi contre toi », le sens se serait défait. Le verset fend donc celui à qui la parole s'adresse en deux, pour dresser l'un sur l'autre.
Al-yawma ʿalayka ḥasīban, « aujourd'hui », « contre toi », « à tenir le compte » : une seule personne en deux lieux. ʿAlayka, « contre toi », et non laka, « pour toi ». La particule fixe la direction : celui qui se tient au-dessus, non celui qui se tient à côté. Puis voyez combien de fois celui à qui la parole s'adresse revient en un verset si bref : le -ka de « ton propre écrit », le -ka de « ton propre soi », et le -ka de « contre toi ». Trois rattachements à une seule personne, répartis sur trois positions : le propriétaire de l'écrit, celui qui suffit, et celui contre qui l'on suffit.
Et ḥasīban, « à tenir le compte », est à l'accusatif et précise sous quel rapport le soi a suffi. Il vient de ḥ-s-b, racine du compte et de l'estimation, qui a son concept propre, et son explication n'est pas reprise ici. Ce qui se lit dans le verset, c'est que les deux racines ne se sont pas mêlées : celle qui suffit est une racine de barrière qui écarte et se prolonge, celle par laquelle on compte est une racine de dénombrement qui règle et mesure. Ce qui a été posé sur toi n'est donc pas un adversaire qui plaide ; c'est un nombre qui dénombre. Un nombre ne se discute pas.
Un ordre descend sur le propriétaire de l'écrit et sur nul autre, si bien que l'acte et son lieu se rejoignent en une seule personne. Puis un énoncé à l'accompli établit un suffire déjà advenu, dont l'agent est « ton propre soi », au génitif sous un bi surnuméraire à la place d'un nominatif : aucun autre nom du verset ne peut le remplacer. Puis « contre toi », et celui à qui la parole s'adresse revient une troisième fois, cette fois sous ce qui s'est levé de lui. Le verset se clôt sur « à tenir le compte », de la racine du dénombrement : ce qui a été dressé au-dessus de lui n'est pas une querelle mais un compte. Le suffire, ici, n'est pas descendu vers toi d'en haut. Ce qui est en toi a été dressé au-dessus de toi, et dans ta main est une page que tu lis par toi-même.