﴾ Say: Allah suffices as a witness between me and you. Indeed He has always been, of His servants, knowing to the inside and seeing. ﴿
Sufficing has its own entry in the glossary, and its letters are not taken apart a second time here. Only one thing is set down in this place: who has been raised as the subject of this verb.
The glossary leans to the view that a human being does not fall as the subject of this root, and that in it the servant is an object from which something is kept away, not an agent who keeps it away. Here the subject is Allah, named outright, as in ﴿وَكَفَىٰ بِرَبِّكَ وَكِيلًا﴾, "and your Rabb (the Nurturing Sustainer) suffices as the holder of the matter," in this same Surah. These places bear witness for the leaning, not against it.
The Surah has another place, however, that breaks it: ﴿كَفَىٰ بِنَفْسِكَ الْيَوْمَ عَلَيْكَ حَسِيبًا﴾, "your own self suffices today as a reckoner set over you." The subject there is the addressee's own self, nominative by its position, and no other noun in the verse stands in for it. One Surah gives the witness and the breaker, and the two are stated together, with neither folded away.
The bāʾ before the name of Allah, bi-llāhi, is an added one, on a name that stands in the place of the nominative: the subject is the subject, yet it was not raised bare. This form brings onto the subject a particle the grammar does not call for, so the name is read twice, once by its position and once by what has entered upon it.
Shahīdan, "as a witness," is in the accusative and makes plain the respect in which the sufficing falls. The verse does not say "Allah suffices" and stop; the sufficing is bounded by one named respect.
The root sh-h-d denotes a piercing flow that empties what is in the hollow out into the open and then fixes it there. So witnessing, in its letters, is the bringing out of what was seen until it settles in plain view, not the carrying of a story about something absent: the witness is present first, and only second the one who brings out what he was present to.
Shahīd is on the pattern faʿīl, a description that holds fast to its bearer rather than an event that befalls and then passes, so the one it describes is a witness before being called to witness, and after.
"Between us" would have been enough; what was said is "between me and you." The adverb of place is repeated and annexed twice, once to the yāʾ of the speaker and once to the kāf and mīm of those addressed, so the two sides are not gathered into a single pronoun.
The root b-y-n denotes an opening that brings what is inside out into view, so that the thing parts from what surrounds it. So bayn, the between, is a gap by which each side shows on its own; without the distance, neither would stand apart from the other. From it come bāna, to come into view and come apart, and bayān, what is set apart until it is clear.
Then comes the single one on the first side and the group on the second: one facing many, with no number mentioned and no dispute described. The witness is placed on the side of neither; it is placed in the gap itself, and whoever sets his witness in the distance leaves nothing in the distance to be fought over.
This closing has already come in this Surah, letter for letter: ﴿إِنَّهُ كَانَ بِعِبَادِهِ خَبِيرًا بَصِيرًا﴾, "indeed He has always been, of His servants, knowing to the inside and seeing." It was read there together with its order, "knowing to the inside" coming before "seeing," so that the inside is put before the surface, and that is not unpacked again here.
What is new in this place is where the closing stands. There it closed a spreading out and a setting to measure that fall on people in their provision; here it closes a witness set up between two contending sides. The close of the apportioning of a gift has become the close of the settling of a quarrel.
"Of His servants" gathers the two sides that were split apart earlier in the same verse. The yāʾ and the kāf both fall inside this annexation, so the witness set up in the gap is the one pressed close to those on either side of it, and the bāʾ in bi-ʿibādihi expresses contact, not a report from afar.
The leaning holds that the subject of this verb is not a human being, and here its subject is raised and named outright, as it is raised elsewhere in this Surah before this verse; the Surah also holds a place where the addressee's own self is raised, and that place breaks the leaning. A bāʾ enters upon the subject, so it is not raised bare. The sufficing is then bounded by a single respect: witnessing, which in its letters is the bringing out of what was seen until it stands fixed in view, on a pattern that makes it a standing quality rather than an event that befalls. The adverb then comes twice, and the two sides are not gathered into one pronoun: one on one side and a group on the other, with the gap between them as the place where each tells itself apart from the other, and in that gap alone the witness is set up. A closing from this Surah then returns in its own wording, putting the reach into the inside before the look at the surface, and gathering both sides together in "His servants." The quarrel has two sides, the witness stands on neither, and the knowing is pressed close to both.
﴾ Dis : Allāh suffit comme témoin entre moi et vous. Certes Il a toujours été, de Ses serviteurs, connaissant jusqu'au-dedans et voyant. ﴿
La suffisance a sa propre entrée au glossaire, et ses lettres ne sont pas démontées une seconde fois ici. Une seule chose est fixée en ce lieu : qui a été élevé comme sujet de ce verbe.
Le glossaire penche à tenir qu'un être humain ne tombe pas comme sujet de cette racine, et que le serviteur y est un objet dont on écarte quelque chose, non un agent qui l'écarte. Ici le sujet est Allāh, nommé sans détour, comme en ﴿وَكَفَىٰ بِرَبِّكَ وَكِيلًا﴾, « Et ton Rabb (Celui qui fait croître et veille) suffit comme dépositaire de l'affaire », dans cette même sourate. Ces lieux témoignent pour ce penchant, non contre lui.
La sourate a un autre lieu qui le rompt : ﴿كَفَىٰ بِنَفْسِكَ الْيَوْمَ عَلَيْكَ حَسِيبًا﴾, « Aujourd'hui, ton propre soi suffit, dressé contre toi, à tenir le compte ». Le sujet y est le soi-même de celui à qui la parole s'adresse, au nominatif par sa place, et aucun autre nom de la ligne n'en tient lieu. Une seule sourate donne le témoin et le contre-exemple, et les deux se disent ensemble, sans qu'aucun soit replié.
Le bāʾ devant le nom d'Allāh, bi-llāhi, est un bāʾ ajouté, sur un nom qui occupe la place du nominatif : le sujet est bien le sujet, et pourtant il n'a pas été élevé nu. C'est une forme qui fait entrer sur le sujet une particule que la grammaire ne réclame pas, si bien que le nom se lit deux fois, une fois par sa position et une fois par ce qui est entré sur lui.
Shahīdan, « comme témoin », est à l'accusatif et montre le rapport sous lequel tombe la suffisance. Il n'est pas dit « Allāh suffit », sans plus ; la suffisance est bornée à un seul rapport nommé.
La racine sh-h-d est un flux perçant qui vide ce qui est dans le creux vers le dehors, puis l'y fixe. Témoigner, dans ses lettres, c'est donc faire sortir ce qui a été vu jusqu'à ce que cela se pose au grand jour, non transporter un récit sur un absent. Le témoin est d'abord présent, et ensuite seulement celui qui fait sortir ce à quoi il fut présent.
Et shahīd est sur le schème faʿīl, une qualification qui tient à son porteur, non un événement qui survient puis passe. Celui qu'elle qualifie est donc témoin avant d'être appelé à témoigner, et après.
« Entre nous » aurait suffi. Il a été dit « entre moi et vous » : l'adverbe de lieu est repris et annexé deux fois, une fois au yāʾ de celui qui parle et une fois au kāf et au mīm de ceux à qui l'on s'adresse. Les deux côtés ne sont donc pas rassemblés en un seul pronom.
La racine b-y-n est une ouverture qui fait sortir au jour ce qui est au-dedans, si bien que la chose se sépare de ce qui l'entoure. Le bayn, l'entre-deux, est donc un écart par lequel chaque côté paraît à part : sans la distance, aucun ne se distinguerait de l'autre. D'elle viennent bāna, paraître et se séparer, et bayān, ce qui est détaillé jusqu'à devenir clair.
Puis le seul dans le premier côté et le groupe dans le second : un face à plusieurs, sans nombre mentionné ni différend décrit. Le témoin n'est placé du côté d'aucun des deux ; il est placé dans l'écart même. Qui dresse son témoin dans la distance ne laisse plus dans la distance de quoi se disputer.
Cette clausule est déjà venue dans cette sourate, lettre pour lettre : ﴿إِنَّهُ كَانَ بِعِبَادِهِ خَبِيرًا بَصِيرًا﴾, « Certes Il a toujours été, de Ses serviteurs, connaissant jusqu'au-dedans et voyant ». Elle y a été lue avec son ordre, « connaissant jusqu'au-dedans » avant « voyant », si bien que le dedans passe avant la surface, et cela n'est pas repris en détail ici.
Ce qui est neuf en ce lieu, c'est sa position. Là-bas elle fermait une extension et une mise à la mesure qui tombent sur les gens dans leur subsistance ; ici elle ferme un témoignage dressé entre deux parties en querelle. Ce qui fermait le partage d'un don est devenu la fermeture du règlement d'une querelle.
Et « de Ses serviteurs » rassemble les deux côtés séparés une ligne plus haut. Le yāʾ et le kāf entrent l'un et l'autre dans cette annexion. Le témoin dressé dans l'écart est donc celui qui se tient contre ceux qui sont de part et d'autre, et le bāʾ de bi-ʿibādihi est un contact, non un rapport de loin.
Un verbe dont le sujet, selon le penchant retenu, n'est pas un être humain, et ici son sujet est élevé et nommé sans détour, comme il l'est ailleurs dans cette sourate avant ce verset, tandis que la sourate porte aussi un lieu où est élevé le soi-même de celui à qui la parole s'adresse, et ce lieu rompt le penchant. Un bāʾ entre sur le sujet, si bien qu'il n'est pas élevé nu. Puis la suffisance est bornée à un seul rapport : le témoignage, qui dans ses lettres est faire sortir ce qui fut vu jusqu'à ce que cela se fixe au grand jour, et sur un schème qui en fait une qualité qui demeure, non un événement qui survient. Puis l'adverbe revient deux fois et les deux côtés ne sont pas rassemblés en un pronom : un seul d'un côté, un groupe de l'autre, et l'écart entre eux est le lieu où chacun se distingue de l'autre, et c'est dans cet écart seul que le témoin est dressé. Puis une clausule de cette sourate revient dans sa formulation, plaçant la pénétration du dedans avant le regard sur la surface, et rassemblant les deux côtés dans « Ses serviteurs ». Une querelle à deux côtés, un témoin d'aucun côté, et une connaissance qui se tient contre les deux.