﴾ Indeed the day of the parting-apart (al-faṣl) has been a cut-out appointed limit (mīqāt). ﴿
The verse opens with a fixing particle and what it fixes is a day. A "day," from the root y-w-m, is a portion with two edges, a stretch that runs on and then gathers at its close; it is not time at large. Whatever is called a day is bounded on both sides, however long it runs.
And this day is not identified by its place in a count but by what happens inside it: the parting. The portion takes the name of the event that fills it, as a place takes the name of what is done in it. The Surah had already asked about "the great report" and had not named it, describing it only as "the one they are at variance over." Here it lays a named day across the questioner's road.
The root f-ṣ-l is a cutting with a firm edge that leaves every part its own bounds. It is not a tearing that scatters; it is a border falling between two things that had been tangled, so that each now stands alone with a known limit. Hence the Arabic for a judge who parts two disputants, and hence the closing word of a verse is called a fāṣila: a word that seals with an audible edge.
Now, "those at variance" (kh-l-f) carries a fāʾ and a lām, and "the parting" (f-ṣ-l) carries a fāʾ and a lām. The two letters that divide and set apart are present in both words. In "the parting" alone a ṣād stands between the two: the hard holding edge. Variance is a parting with no border to settle it, each side standing at the other's back and nothing deciding between them. The parting is that same division with the ṣād now in it.
So what was asked about at the head of the Surah is a variance, and what is promised here is a parting. The ṣād alone is the edge between the state of these people and their day.
The predicate comes in the past tense, "has been," and it is carried on a day that has not arrived. In k-w-n the verb is a thing's settling into a condition and holding there. What is reported is therefore not a promise being made now but a condition already fixed and finished with.
Mīqāt, from w-q-t, is a moment cut out of continuous time and marked exactly. Its pattern, mifʿāl, is the pattern of an instrument or a place of the act: what a thing is timed by, or the limit reached and not passed. Time in this root is not an extension one measures; it is a mark set upon the extension. And see what the two words hold together: a parting that cuts between people at variance, and an appointed limit that cuts a border into duration. A cut in the matter and a cut in the meeting-time. The day that parts people is itself a day parted out of the run of time.
A day fixed by an emphatic particle, named for the event that fills it, reported in the past tense though it has not come, and given a limit rather than a length. The word for it carries the same fāʾ and lām as the word for their quarrel, and a ṣād that word has not: the edge.
﴾ Certes le jour du départage (al-faṣl) a été une limite fixée et découpée (mīqāt). ﴿
Le verset s'ouvre sur une particule qui fixe, et ce qu'elle fixe est un jour. Un « jour », de la racine y-w-m, est une portion à deux bords, une durée qui s'étend puis se referme à son terme ; ce n'est pas le temps en général. Ce qu'on appelle jour est borné des deux côtés, si long soit-il.
Et ce jour n'est pas désigné par sa place dans un compte, mais par ce qui s'y produit : le départage. La portion prend le nom de l'événement qui la remplit, comme un lieu prend le nom de ce qu'on y fait. La sourate avait déjà interrogé sur « la grande nouvelle » sans la nommer, la décrivant seulement comme « celle sur laquelle ils divergent ». Ici elle pose un jour nommé sur la route de celui qui demande.
La racine f-ṣ-l est une coupe à arête ferme qui laisse à chaque part ses propres bords. Ce n'est pas une déchirure qui disperse ; c'est une frontière tombant entre deux choses enchevêtrées, si bien que chacune tient désormais seule, avec une limite connue. De là le verbe pour le juge qui sépare deux adversaires, et de là le mot final d'un verset appelé fāṣila : un mot qui scelle par une arête qu'on entend.
Or « ceux qui divergent » (kh-l-f) porte un fāʾ et un lām, et « le départage » (f-ṣ-l) porte un fāʾ et un lām. Les deux lettres qui divisent et distinguent sont présentes dans les deux mots. Dans « le départage » seul, un ṣād se tient entre les deux : l'arête dure qui tient. La divergence est une séparation sans bord qui la règle, chacun se tenant dans le dos de l'autre, et rien ne tranche entre eux. Le départage est cette même division, le ṣād venu s'y loger.
Ainsi, ce sur quoi l'on interroge en tête de la sourate est une divergence, et ce qui est promis ici est un départage. Le ṣād seul est l'arête entre l'état de ces gens et leur jour.
L'attribut vient au passé, « a été », et il porte sur un jour qui n'est pas arrivé. Dans k-w-n, le verbe dit l'installation d'une chose dans un état et sa tenue en lui. Ce qui est rapporté n'est donc pas une promesse formée maintenant, mais un état déjà fixé et clos.
Mīqāt, de w-q-t, est un instant découpé dans le temps continu et marqué avec précision. Son schème, mifʿāl, est celui de l'instrument ou du lieu de l'acte : ce par quoi l'on fixe l'heure, ou la limite qu'on atteint sans la franchir. Le temps, dans cette racine, n'est pas une étendue qu'on mesure ; c'est une marque posée sur l'étendue. Et voyez ce que les deux mots tiennent ensemble : un départage qui tranche entre des gens qui divergent, et une limite qui taille un bord dans la durée. Une coupe dans l'affaire et une coupe dans le rendez-vous. Le jour qui sépare les gens est lui-même un jour découpé dans le cours du temps.
Un jour fixé par une particule d'insistance, nommé d'après l'événement qui le remplit, rapporté au passé bien qu'il ne soit pas venu, et doté d'une limite plutôt que d'une longueur. Le mot qui le désigne porte les mêmes fāʾ et lām que le mot de leur querelle, plus un ṣād qui manque à celui-ci : l'arête.