﴾ Then We gave the turn back to you, against them, and kept you supplied with wealth and sons, and made you greater in those who go out when called. ﴿
The verse does not say "and We gave back." It says "then We gave back," with the particle of interval, which puts distance between two events in order and in time. Between the walking of the in-between spaces and the returning of the turn there is a space the wording does not fill. Verses that know how to stay silent leave the interval a particle to carry it.
The previous verse said "We roused against you." This one says "the turn against them." The same particle, with its target changed. Nothing about descent has been altered; only who stands underneath it. Whoever reads the two verses together sees one sentence rotated, so that its weight comes down on the other side.
And it is "back to you" in the sense of "in your favour," not merely "in your direction": the turn is returned into your account. R-d-d is the sending of a thing back to its first place and the fixing of it there, so what is given back is not new; it is what was, and lapsed, and was restored to its own position. And "the turn" is definite: the very one. K-r-r is a swing that comes back after a going away, a motion that departed and then bent round returning. What was restored is not a victory begun from nothing but a circuit coming round. Whoever reads a turn as a turn knows it has another face it can come round to.
Then the second gift: amdadnākum, a causative of m-d-d, which is unbroken extension. To umidd someone is to join supply to supply until no end of it can be seen. This is not a gift handed over once; it is a feeding stream. And "wealth and sons" are left indefinite, with no number and no description, because quantity is not what the verse means to itemize. The measure it does itemize comes at the end.
"And made you" repeats the verb of the second verse of this Surah, "and made it a guidance": a setting that fixes a state. They are put into the condition of numerousness; it is not said that they grew numerous. And the specifying word is nafīr. N-f-r is a sudden breaking out from where one had settled, a going that does not linger; the nafīr are those who come out when the call goes up. Wealth and sons were named in the lump; the last measure alone is specified, and it is the count of those who come out when called.
Note too that the verse reports the giving and states no cause for it. It does not say that they did well and so the turn was returned. The report stops at what happened; the next verse states a law, and a law is not a verdict on anyone.
One particle holds the interval; then a turn rotated onto the other side, a supply joined to itself so it cannot run out, and a numerousness measured in one thing only. Wealth is gathered and sons are born; the strength is in finding who walks out beside you when the call goes up.
﴾ Puis Nous vous avons rendu le tour, contre eux, Nous vous avons pourvus sans rupture de biens et de fils, et Nous vous avons faits plus nombreux à sortir à l'appel. ﴿
Le verset ne dit pas « et Nous avons rendu ». Il dit « puis Nous avons rendu », avec la particule de l'intervalle, qui met de la distance entre deux événements dans l'ordre et dans le temps. Entre le parcours des entre-deux et la restitution du tour, il y a un espace que la lettre ne remplit pas. Les versets qui savent se taire laissent à l'intervalle une particule pour le porter.
Le verset précédent disait « Nous avons levé contre vous ». Celui-ci dit « le tour contre eux ». La même particule, la cible changée. Rien de la descente n'est modifié ; seulement qui se tient dessous. Qui lit les deux versets ensemble voit une seule phrase pivoter, jusqu'à ce que son poids retombe de l'autre côté.
Et c'est « rendu à vous » au sens de « en votre faveur », non simplement « dans votre direction » : le tour est reversé à votre compte. R-d-d est le renvoi d'une chose à son lieu premier et sa fixation là, si bien que ce qui est rendu n'est pas neuf ; c'est ce qui fut, se perdit, et fut remis à sa place. Et « le tour » est défini : celui-là même. K-r-r est une volte qui revient après un éloignement, un mouvement parti puis infléchi en retour. Ce qui est restitué n'est pas une victoire commencée de rien, mais un circuit qui se referme. Qui lit un tour comme un tour sait qu'il a une autre face vers laquelle il peut tourner.
Vient le deuxième don : amdadnākum, causatif de m-d-d, qui est l'extension ininterrompue. Pourvoir quelqu'un ainsi, c'est joindre l'apport à l'apport jusqu'à ce qu'on n'en voie plus le bout. Ce n'est pas un présent remis une fois ; c'est un courant qui alimente. Et « biens et fils » restent indéterminés, sans nombre ni qualification, car la quantité n'est pas ce que le verset entend détailler. La mesure qu'il détaille vient à la fin.
« Et Nous vous avons faits » reprend le verbe du deuxième verset de cette sourate, « et Nous en avons fait une guidance » : une mise qui fixe un état. On les place dans la condition du grand nombre ; il n'est pas dit qu'ils se sont multipliés. Et le mot qui précise est nafīr. N-f-r est un jaillissement hors du lieu où l'on reposait, un départ qui ne s'attarde pas ; les nafīr sont ceux qui sortent quand l'appel se lève. Biens et fils sont nommés en bloc ; seule la dernière mesure est précisée, et c'est le compte de ceux qui sortent à l'appel.
Noter encore que le verset rapporte le don sans en énoncer la cause. Il ne dit pas qu'ils ont bien agi et que le tour leur fut donc rendu. Le récit s'arrête à ce qui eut lieu ; le verset suivant énonce une loi, et une loi n'est le verdict de personne.
Une particule tient l'intervalle ; puis un tour pivoté vers l'autre côté, un apport noué à lui-même pour ne pas tarir, et un grand nombre mesuré à une seule chose. Les biens s'amassent et les fils naissent ; la force est de trouver qui sort à tes côtés quand l'appel se lève.