﴾ Among the people is the one whose speech about this-near-life delights you (yuʿjibuka qawluhu), and who makes God a witness over what is in his heart, yet he is the sharpest in hostility (aladd al-khiṣām). ﴿
The root ʿ-j-b is an inward movement that starts up in the self when it meets what it was not expecting. Wonder is a being-struck, not a verdict on truthfulness. The ʿajīb is what steps outside the familiar.
The verse speaks to the one addressed, the kāf in "delights you", to open to him that the delight is a sensation inside himself and not evidence about the speaker. How many a beautiful saying is built on the false, and how many a heavy saying on the true. Being delighted proves nothing about the speaker except that he has mastered his effect on the listener.
The restriction "about this-near-life" is not filler but a bound on the sense. There are those who are excellent in speech on the affairs of the near life: politics, trade, tribal quarrels, the interests of the day. Inside that range they shine in eloquence and in influence.
And the restriction is an exact diagnosis: the intelligence of the near life can be had by someone who owns none of the depth of the further one. Fluency in the affairs of the day guarantees no fluency in the affairs of substance. The Qurʾān keeps the narrow near-life cleverness apart from the wisdom that reaches across both compasses.
The root sh-h-d is presence and direct sight. The witness is the one who was there and saw. And istishhād is the calling of a witness to strengthen a position.
So "makes God a witness over what is in his heart" is a quiet verbal scandal. The man turns God into an instrument of proof in his own hand, as though God were a witness the speaker summons whenever it suits him. That turns the relation upside down: God bears witness over a person; a person does not call God to his own stand.
The pattern is common in quarrels: "and God knows what is in my heart." The sentence is true, and it is used in the wrong place. God does indeed know what is in the heart, and it is exactly that knowing which exposes the one who says it, not the thing that covers him.
The root l-d-d is the twisting inside a dispute and the incapacity to do justice. The ladūd is the adversary who will not take the truth however plainly it shows itself to him. Aladd is the elative: the most intense of people in this quality.
And khiṣām, from kh-ṣ-m, is a fighting carried on with words, a sharpened wrangle. So "the sharpest in hostility" gathers two qualities at once: the edge of the quarrel and the refusal of fairness inside it. This is the man eloquent on the outside, twisted and adversarial within.
The quality carries no lineage and marks no fixed historical class. It can appear in the mosque, in the council, in the court and on the pulpit alike, wherever the name of God is used as a screen for a quarrel kept inside.
So the word precedes the term, and the role precedes the identity: hypocrisy is not a social class with a brand on it, it is a state of speech that polishes its talk about the affairs of the near life in order to cover a quarrel held within, and calling God to witness inside a wrangle turns upside down the truth of the relation between a person and the One who knows what is in his heart.
The verse draws the figure of the hidden adversary with four roots. The root ʿ-j-b bears no witness for the speaker; it uncovers the effect of his speech on the listener: "Among the people is the one whose speech about this-near-life delights you", so the delight is a movement in the receiver and not evidence of the sayer's truth. And the bound "about this-near-life" is a limit on the sense and not filler: cleverness in the affairs of the day guarantees nothing about truth in matters of substance. Then sh-h-d is turned around: "makes God a witness over what is in his heart" is a quiet verbal scandal, for a witness is the one present who sees, and this man makes God an instrument of proof in his hand, which stands the relation on its head, since God bears witness over a person and a person does not call God to his stand. As for l-d-d and kh-ṣ-m, they gather in the phrase "the sharpest in hostility" two qualities together: the edge of the confrontation from kh-ṣ-m, and a gripping that blocks fairness from l-d-d. The figure is marked by no age and no class: it turns up in the mosque, in the council and in the court, wherever the name of God is used as a screen for a quarrel kept inside.
En français
﴾ Et parmi les gens, il en est un dont la parole te plaît au sujet de la vie proche, et qui prend Allāh à témoin de ce qui est dans son cœur, alors qu'il est le plus acharné des adversaires (aladd al-khiṣām). ﴿
La racine ʿ-j-b est un mouvement intérieur qui se lève dans l'âme quand elle rencontre ce qu'elle n'attendait pas. S'étonner, c'est être saisi ; ce n'est pas un verdict sur la véracité. L'ʿajīb est ce qui sort de l'accoutumé.
L'āyah parle à celui à qui la parole s'adresse, le kāf de « te plaît », pour lui ouvrir que ce plaisir est une sensation au-dedans de lui et non une preuve au sujet du parleur. Que de belles paroles bâties sur du faux, et que de paroles pesantes bâties sur du vrai. Être séduit ne prouve rien du parleur, sinon qu'il a maîtrisé son effet sur celui qui écoute.
La précision « au sujet de la vie proche » n'est pas un remplissage mais une borne posée sur le sens. Il est des gens excellents à discourir sur les affaires de la vie proche : la politique, le commerce, les querelles de tribu, les intérêts du jour. Dans ce registre ils brillent par l'éloquence et par l'influence.
Et cette précision est un diagnostic exact : l'intelligence de la vie proche peut échoir à qui ne possède rien de la profondeur de l'autre. L'aisance dans les affaires du jour ne garantit aucune aisance dans les affaires de fond. Le Coran tient séparées l'habileté étroite du monde proche et la sagesse qui atteint les deux étendues.
La racine sh-h-d est la présence et la vue directe. Le témoin est celui qui était là et qui a vu. Et l'istishhād est l'appel d'un témoin pour affermir une position.
Ainsi « qui prend Allāh à témoin de ce qui est dans son cœur » est un scandale verbal discret. L'homme fait d'Allāh un instrument de preuve dans sa propre main, comme si Allāh était un témoin que le parleur convoque quand il lui plaît. Cela met la relation à l'envers : Allāh témoigne au sujet d'une personne, et une personne ne convoque pas Allāh à sa barre.
Le procédé est courant dans les querelles : « et Allāh sait ce qui est dans mon cœur ». La phrase est vraie, et elle est employée au mauvais endroit. Allāh sait en effet ce qui est dans le cœur, et c'est précisément ce savoir qui découvre celui qui le dit, non ce qui le couvre.
La racine l-d-d est la torsion au-dedans d'une dispute et l'incapacité de rendre justice. Le ladūd est l'adversaire qui n'accueille pas le vrai, si clairement qu'il se montre à lui. Aladd est l'élatif : le plus intense des gens en cette qualité.
Et le khiṣām, de kh-ṣ-m, est un combat mené avec des mots, une joute aiguisée. Ainsi « le plus acharné des adversaires » réunit deux qualités à la fois : le tranchant de la querelle et le refus de l'équité en son sein. Voilà l'homme éloquent au-dehors, tordu et hostile au-dedans.
Cette qualité ne porte aucun lignage et ne marque aucune classe fixée dans le temps. Elle peut paraître à la mosquée, au conseil, au tribunal et à la tribune pareillement, partout où le nom d'Allāh sert de paravent à une querelle gardée au-dedans.
La parole précède le terme, et le rôle précède l'identité : l'hypocrisie n'est pas une classe sociale étiquetée, c'est un état de parole qui polit le discours sur les affaires du proche pour couvrir une joute intérieure ; et convoquer Allāh dans une querelle, c'est renverser la vérité de la relation entre l'humain et Celui qui sait ce qui est dans son cœur.
L'āyah dessine la figure de l'adversaire caché avec quatre racines. La racine ʿ-j-b ne témoigne pas pour le parleur ; elle découvre l'effet de sa parole sur celui qui écoute : « il en est un dont la parole te plaît au sujet de la vie proche », si bien que la séduction est un mouvement dans celui qui reçoit et non une preuve de la véracité de celui qui dit. Et la borne « au sujet de la vie proche » est une limite posée sur le sens et non un remplissage : l'habileté dans les affaires du jour ne garantit rien quant au vrai dans les affaires de fond. Puis sh-h-d se retourne : « qui prend Allāh à témoin de ce qui est dans son cœur » est un scandale verbal discret, car le témoin est le présent qui voit, et cet homme fait d'Allāh un instrument de preuve dans sa main, ce qui met la relation sur la tête, puisque Allāh témoigne au sujet d'une personne et qu'une personne ne convoque pas Allāh à sa barre. Quant à l-d-d et kh-ṣ-m, ils réunissent dans l'expression « le plus acharné des adversaires » deux qualités ensemble : le tranchant de l'affrontement venu de kh-ṣ-m, et une prise qui bloque l'équité venue de l-d-d. La figure n'est marquée par aucune époque et par aucune classe : elle surgit à la mosquée, au conseil et au tribunal, partout où le nom d'Allāh sert de paravent à une querelle gardée au-dedans.