﴾ Made beautiful for humankind is the love of desires: women, sons, amassed heaps of gold and silver, marked horses, grazing animals, and cultivated ground. That is the passing provision of the nearer life. With Allah is the beautiful return. ﴿
The verb "was made beautiful" is passive, and the doubled form makes the adorning a repeated charge at work inside the scene. Adornment, from z-y-n, is a light tremor that runs over the surface of a thing and then goes out to the one who looks, so the picture stands out before him and draws him. What stands in the doer's place, however, is "the love of desires," not the listed things by themselves: what was made beautiful is the attachment to them in the heart.
Love, ḥubb, from ḥ-b-b, is a warm holding that attaches and then doubles its attachment, like a seed in which the inside of a thing is gathered to the possibility of its own growth. Desire, shahwa, from sh-h-w, is a spreading within the self that fades into an emptiness and then reaches out to what fills it. Love gathers the heart upon one direction, and desire opens it toward what it craves. When love is made beautiful, the thing no longer stands outside the self alone; it becomes an image inside the self that asks to be owned.
"From" opens a list of kinds: human bonds, heaped wealth, marked animals, grazing herds, and cultivated ground. The verse does not say that these things are one thing in themselves; what it says is that adorned love is able to cross among them and make every one of them a channel for attachment.
The multiplying shows in "amassed heaps": a noun repeated inside its own description, so the shape of accumulation is doubled. The connectives, following one another, keep the list from closing upon a single kind. What is meant is to uncover what love does when it settles into things as though they were the last end, not to blame the things counted in themselves, since the verse goes on to call them "provision."
The demonstrative "that" gathers the whole list and then passes judgment on it: "the passing provision of the nearer life." Provision, matāʿ, from m-t-ʿ, is a grip on what is put to use, within a stretch that is cut off once it is complete, that is, what is put to use within a span that has an edge. The word does not deny the use; it forbids the use to claim permanence.
The word al-dunyā, from d-n-w, denotes a thrust that breaks out and arrives at nearness. It is the nearer life, the one that touches the senses before any other, and for that reason its adornment grows strong in the eye. Nearness explains the force of the pull, without proving that what is nearest is the furthest end.
The connective moves the gaze from the provision near at hand to what is "with Him." The return, maʾāb, from ʾ-w-b, is a separation that stretches out and is then followed by a rejoining of what it left, a going back that arrives at its shelter. The verse does not say that beauty is missing; it moves the beauty of the return to what is with Allah.
The verse begins with an adornment that is seen and ends with a beauty that is returned to. Adornment does its work across the distance of nearness, and beauty appears when the return is complete. This is why the verse demands that provision be told apart from return, not that love be put to death. What is used along the road is not made into the end of the road.
What is made beautiful at the head of the verse is "the love of desires": the gathering of the heart upon things to which an emptiness in it reaches out to be filled. The list runs from the human being to wealth, to the animal, to cultivated ground, and so it appears that attachment can take on many shapes. The demonstrative, however, gathers them all under one judgment, "the passing provision of the nearer life," a use close at hand that has a span and does not own permanence. At the close, beauty is carried back to the return: what is near shines in the eye, and what is beautiful holds firm at the return.
﴾ A été rendu beau pour les humains l'amour des désirs : les femmes, les fils, les amas accumulés d'or et d'argent, les chevaux marqués, les troupeaux et la terre cultivée. Voilà la provision passagère de la vie la plus proche. Auprès d'Allāh est le beau retour. ﴿
« A été rendu beau » est un verbe au passif, et la forme redoublée fait de l'embellissement une charge répétée qui travaille dans la scène. La parure, de z-y-n, est un léger frémissement qui court sur la surface de la chose puis s'en va vers celui qui regarde, si bien que l'image se dresse devant lui et l'attire. Pourtant ce qui tient la place de l'agent n'est pas la liste des choses à elle seule. C'est « l'amour des désirs ». Ce qui a été rendu beau, c'est l'attachement du cœur à ces choses.
Ḥubb, l'amour, de ḥ-b-b, est une contenance chaude qui s'attache puis redouble son attache, comme une graine où le dedans de la chose se joint à la possibilité de sa croissance. Shahwa, le désir, de sh-h-w, est un déploiement dans l'âme qui s'éteint dans un vide puis s'étend vers ce qui le comble. L'amour rassemble le cœur sur une seule direction ; le désir l'ouvre vers ce qu'il convoite. Quand l'amour est rendu beau, la chose ne se tient plus seulement hors de l'âme. Elle devient au-dedans une image qui demande à être possédée.
« De » ouvre une liste de genres : des liens humains, une richesse amassée, des bêtes marquées, des troupeaux et une terre cultivée. Le verset ne dit pas que ces choses sont une seule chose en elles-mêmes. Il dit que l'amour rendu beau sait passer de l'une à l'autre et faire de chacune un canal pour l'attachement.
Le redoublement paraît dans « les amas accumulés » : un nom repris à l'intérieur de sa propre description, et la forme de l'entassement s'en trouve doublée. Puis les conjonctions se suivent et empêchent la liste de se refermer sur un seul genre. Ce qui est visé n'est pas le blâme de ce qui est énuméré en soi, puisque le verset l'a déjà nommé « provision », mais la mise à nu de ce que fait l'amour quand il s'installe dans les choses comme si elles étaient la fin dernière.
Le démonstratif « voilà » rassemble la liste entière puis la juge : « la provision passagère de la vie la plus proche ». Matāʿ, de m-t-ʿ, est une prise sur ce dont on tire usage, dans une étendue qui se coupe une fois achevée, c'est-à-dire ce dont on tire usage dans une étendue qui a un bord. Le mot ne nie pas l'usage. Il lui interdit de se réclamer de la durée.
Et al-dunyā, de d-n-w, est une poussée qui jaillit et parvient à la proximité. C'est la vie la plus proche, celle qui touche les sens avant toute autre, et c'est pour cela que sa parure se renforce dans l'œil. La proximité explique la force de l'attrait. Elle ne prouve pas que le plus proche soit la fin la plus lointaine.
La conjonction déplace le regard de la provision toute proche vers ce qui est « auprès de Lui ». Le retour, maʾāb, de ʾ-w-b, est une séparation qui se prolonge puis que suit une jonction avec ce qu'elle a quitté, un retour qui parvient à son abri. Le verset ne dit pas que la beauté manque. Il porte le beau du retour auprès d'Allāh.
Le verset commence par une parure que l'on voit et s'achève sur une beauté vers laquelle on revient. La parure travaille dans la distance du proche ; le beau paraît quand le retour s'accomplit. Aussi le verset ne réclame-t-il pas la mise à mort de l'amour. Il réclame que la provision soit distinguée du retour : ce dont on use sur la route n'est pas érigé en fin de la route.
Ce qui est rendu beau en tête du verset, c'est « l'amour des désirs » : le rassemblement du cœur sur des choses vers lesquelles s'étend en lui un vide pour être comblé. La liste s'étend de l'être humain à la richesse, à la bête et à la terre cultivée, et il apparaît que l'attachement sait prendre des formes nombreuses. Mais le démonstratif les rassemble sous un seul jugement : « la provision passagère de la vie la plus proche », un usage proche qui a une étendue et ne possède pas la durée. Puis, à la clôture, le beau est reporté au retour. Ce qui est proche brille dans l'œil ; ce qui est beau tient ferme au retour.