﴾ Those are the ones of whom Allah knows what is in their hearts. So turn aside from them, admonish them, and say to them, in their own selves, a word that reaches home. ﴿
"Those" points to the people described in the three verses before this one: they claim and want to take their case to the ṭāghūt, they turn away when they are called, and then they come swearing. They are then identified by what Allah knows of them: "the ones of whom Allah knows what is in their hearts". This description faces their oath in the verse before: there, they swore by Allah about their wanting; here, it is stated that Allah, by whom they swore, knows what is in their hearts, and mā, "what", is a general word that gathers everything that has settled there.
Qalb, "heart", is from q-l-b: turning a thing over is moving it from one face to another; one says qalaba of turning a thing upside down, and taqallaba of passing from one state to another, and the heart in a human being is the place where wantings and states turn over. What is in their hearts here faces what is on their tongues in the oath, so between the sworn word and what is in the heart lies a distance that Allah knows, and the wanting they swore to has its seat in the heart.
The one addressed is then given three commands joined together: "So turn aside from them, admonish them, and say to them". Iʿrāḍ, "turning aside", is from ʿ-r-ḍ: to turn one's ʿurḍ, one's side, to a thing and move the face away from it. The turning aside comes in the verse joined to admonition and speech, so it is a turning of the side with which speech remains standing, since the two commands after it are both speech directed to them, and what is to be turned aside from in them is left open in the verse. "Turn aside from them" faces "turning away from you" in the sixty-first verse: they turned away from him, and he is commanded to turn his side to them; yet their turning cut them off from what they were called to, while his turning aside goes with admonition and speech.
The second command is "admonish them" (ʿiẓhum), from w-ʿ-ẓ, the root that came in the fifty-eighth verse: "How excellent is that with which Allah admonishes you". The admonition that came there from Allah to those addressed, about trust and evenness, returns here as a command to the one addressed to admonish these who turned away from him. Waʿẓ is speech that reaches inside the listener, surrounds him and holds him back, so the verse gives those who turned from the call a share in the speech that goes back over the heart.
The third command is "say to them, in their own selves, a word that reaches home". "In their own selves" (fī anfusihim) bears two senses in the verse: that the word be about their selves and what they are, or that it be a word said to them in private, apart from others; the verse leaves both senses open. Nafs, "self", from n-f-s, is the living being's self within him; it is mentioned after the hearts, so the speech moves from an inside that Allah knows to selves that the one addressed is commanded to speak to. "In their selves" comes back in the sixty-fifth verse: ﴿ثُمَّ لَا يَجِدُوا فِي أَنفُسِهِمْ حَرَجًا﴾, "then they find in their selves no tightness", so the selves in both places are where what is asked is to take place.
The word is described as balīgh, from b-l-gh: bulūgh is arriving at the end and coming to rest there, so a balīgh word is one that arrives at the place it was aimed at. On either sense of "in their own selves", the self remains the goal: a word about it or a word said to it alone, and in both cases a word that reaches it. The reaching word thus faces their oath: their word was bound with swearing so that it would be accepted, and the word commanded is asked to reach its end.
The verse gathers those who claim, turn away and swear under one pointer, "those": a people of whom Allah knows what is in their hearts, and the heart, from q-l-b, is the place of turning in which the inside parts from the oath. It then gives the one addressed three commands: a turning aside, from ʿ-r-ḍ, in which he turns his side to them while speech remains; an admonition, from w-ʿ-ẓ, in which the root of "How excellent is that with which Allah admonishes you" in the fifty-eighth verse returns; and a reaching word, from b-l-gh, that reaches their selves, from n-f-s, whether about them or in private with them. The oath bound with the name of Allah is thus faced by Allah's knowledge of the hearts, and by a word that arrives at the selves.
﴾ Ceux-là sont ceux dont Allāh sait ce qu'il y a dans leurs cœurs. Détourne-toi donc d'eux, exhorte-les, et dis-leur, en eux-mêmes, une parole qui atteint son but. ﴿
« Ceux-là » désigne les gens décrits dans les trois versets qui précèdent : ils prétendent et veulent porter leur litige devant le ṭāghūt, ils se détournent quand on les appelle, puis ils viennent en jurant. Ils sont ensuite désignés par ce qu'Allāh sait d'eux : « ceux dont Allāh sait ce qu'il y a dans leurs cœurs ». Cette description fait face à leur serment du verset précédent : là, ils ont juré par Allāh au sujet de leur vouloir ; ici, il est dit qu'Allāh, par qui ils ont juré, sait ce qu'il y a dans leurs cœurs, et mā, « ce que », est un mot général qui rassemble tout ce qui s'y est fixé.
Le qalb, « cœur », vient de q-l-b : retourner une chose, c'est la faire passer d'une face à une autre ; on dit qalaba de celui qui met une chose sens dessus dessous, et taqallaba de ce qui passe d'un état à un autre, et le cœur, chez l'être humain, est le lieu où se retournent les vouloirs et les états. Ce qui est dans leurs cœurs fait face ici à ce qui est sur leurs langues dans le serment, si bien qu'entre la parole jurée et ce qui est dans le cœur il y a une distance qu'Allāh connaît, et le vouloir sur lequel ils ont juré a son siège dans le cœur.
Celui à qui l'on s'adresse reçoit ensuite trois ordres joints : « Détourne-toi donc d'eux, exhorte-les, et dis-leur ». L'iʿrāḍ, « se détourner », vient de ʿ-r-ḍ : tourner vers une chose son ʿurḍ, son côté, et en écarter le visage. Le détournement vient dans le verset joint à l'exhortation et à la parole : c'est donc un côté que l'on tourne, avec lequel la parole demeure debout, puisque les deux ordres qui le suivent sont l'un et l'autre une parole qui leur est adressée, et ce dont il faut se détourner en eux reste ouvert dans le verset. « Détourne-toi d'eux » fait face à « se détourner de toi » au soixante et unième verset : ils se sont détournés de lui, et il lui est ordonné de leur tourner son côté ; pourtant leur détournement les a coupés de ce vers quoi on les appelait, tandis que son détournement à lui va avec l'exhortation et la parole.
Le second ordre est « exhorte-les » (ʿiẓhum), de w-ʿ-ẓ, la racine venue au cinquante-huitième verset : « Qu'il est excellent, ce par quoi Allāh vous exhorte ». L'exhortation venue là d'Allāh à ceux à qui l'on s'adressait, au sujet du dépôt et de l'équité, revient ici comme un ordre fait à celui à qui l'on s'adresse d'exhorter ceux qui se sont détournés de lui. Le waʿẓ est une parole qui atteint l'intérieur de l'auditeur, l'entoure et le retient, si bien que le verset donne à ceux qui se sont détournés de l'appel une part de la parole qui revient sur le cœur.
Le troisième ordre est « dis-leur, en eux-mêmes, une parole qui atteint son but ». « En eux-mêmes » (fī anfusihim) porte deux sens dans le verset : que la parole porte sur eux-mêmes et sur ce qu'ils sont, ou qu'elle leur soit dite en privé, à l'écart des autres ; le verset laisse les deux sens ouverts. La nafs, « âme », de n-f-s, est le soi du vivant en son dedans ; elle est nommée après les cœurs, si bien que la parole passe d'un dedans qu'Allāh connaît à des âmes auxquelles celui à qui l'on s'adresse reçoit l'ordre de parler. « En eux-mêmes » revient au soixante-cinquième verset : ﴿ثُمَّ لَا يَجِدُوا فِي أَنفُسِهِمْ حَرَجًا﴾, « puis qu'ils ne trouvent en eux-mêmes aucune gêne », si bien que les âmes, dans les deux lieux, sont le lieu où ce qui est demandé doit se produire.
La parole est qualifiée de balīgh, de b-l-gh : le bulūgh est l'arrivée au terme et le repos en lui, si bien qu'une parole balīgh est celle qui arrive au lieu qu'elle visait. Selon l'un ou l'autre sens de « en eux-mêmes », l'âme reste le but : une parole à son sujet ou une parole qui lui est dite à part, et dans les deux cas une parole qui l'atteint. La parole qui atteint fait ainsi face à leur serment : leur parole a été attachée par le jurement pour être reçue, et la parole ordonnée doit atteindre son terme.
Le verset rassemble ceux qui prétendent, se détournent et jurent sous une seule désignation, « ceux-là » : des gens dont Allāh sait ce qu'il y a dans leurs cœurs, et le cœur, de q-l-b, est le lieu du retournement où le dedans se sépare du serment. Il donne ensuite à celui à qui l'on s'adresse trois ordres : un détournement, de ʿ-r-ḍ, où il leur tourne son côté tandis que la parole demeure ; une exhortation, de w-ʿ-ẓ, où revient la racine de « Qu'il est excellent, ce par quoi Allāh vous exhorte » du cinquante-huitième verset ; et une parole qui atteint son but, de b-l-gh, qui atteint leurs âmes, de n-f-s, qu'elle porte sur eux ou leur soit dite en privé. Le serment attaché au nom d'Allāh trouve ainsi en face de lui la science qu'Allāh a des cœurs, et une parole qui parvient jusqu'aux âmes.