﴾ Or that you have a garden of date palms and vines, and split rivers open through the gaps of it, a splitting. ﴿
"Or" is a particle that counts, not one that says either would do. The speech opens on a joining particle rather than on a new sentence, so what is said is one saying, joined to what came before it, and what has changed is an item on a list.
In a place like this, "or" does not mean that either of the two would be enough: had the first been enough, the second would not have come. The particle counts the demands without closing them, and after this one "or" will return four more times.
"That you have a garden" moves from an act to be performed to a possession to be owned. The first demand was an act attached to him: "until you split open for us." Here the verb is an incomplete verb of being, and its predicate is a preposition with its pronoun: "that you have," literally, that there be for you. The demand is that he own, not that he work.
The lām is a lām of ownership, so what is demanded is to pass to him personally. This is the first of two possessions on the list, the second being a house that comes later: he was asked first to do, and then to be one who has something.
The garden, from j-n-n, is a confinement within a hollow that covers what it holds, and the nūn is doubled, so the covering tightens. It is an enclosed space that hides what is in it, not an open expanse seen from far off, and it comes indefinite: some garden, not a particular one.
"Of date palms and vines" names a material after a space that was left unnamed. Min here is explicative: it states what the space is made up of. The garden is described by no extent, no place and no owner's name, only by what grows in it.
Date palms, from n-kh-l, denote a piercing ascent that stays held by its root in the ground: a trunk that drives upward and does not leave where it was planted. Vines, from ʿ-n-b, denote a grip that fuses and holds its own water, then joins its cluster and clings to it. So the two named are two growths, one rising without coming apart, the other gripping its water and hanging on, and both keep water shut inside them.
In "And split rivers open," the root returns in two neighbouring verses, and grows stronger. This is the root in which the first demand was spoken, returning one verse later. F-j-r denotes a split that lets out a massed, confined thing so that it runs, though its form here differs from its form there.
It was tafjura, in the bare form, and it has become fa-tufajjira, on the faʿʿala measure. The doubling of the middle letter multiplies the splitting and spreads it over many places. The object, moreover, was "a wellspring," single and indefinite, and it has become al-anhār, "rivers," plural and definite: one spring that is not known has become rivers that are known.
A river, from n-h-r, is a thrust that surges out of the hollow and runs on, unbroken, in its course. So what is asked is that water come out and, in addition, that furrows be cut for it to run in without stopping: a demand that begins with a single spring out of the ground and ends in a web of channels.
"Through the gaps of it" uses a word this sura has already applied to dwellings. Kh-l-l denotes a run of gaps between things pressed close. So khilāl is what lies between the packed parts of a thing, not what is around it nor what is under it.
This very word came at the start of the sura, in "and they went to and fro through the gaps of the dwellings." One wording falls once on what lies between houses and once on what lies between trees, a place entered only by passing through the barrier. The neighbouring of the two is read, and nothing is added to it.
The demand has now moved. Its first form was in the shared ground under the feet; this one is inside a covered enclosure. The splitting was asked for in what is common to all, and then in what is one's own.
"A splitting" is a verbal noun that fastens its own verb. The demand closes on the verbal noun of that same verb, in the accusative. The absolute object adds no new sense; it only fastens the act in place and prevents its being taken as a figure of speech.
So in this one sentence the root is spoken twice, as a verb and then as a verbal noun. The splitting was said, then said again, so that it would not be understood as less than was meant, and whoever repeats his word to make sure it is understood has asked for something he will not bargain over.
A joining particle opens a second item, without meaning that the first was enough. The demand then moves from an act to be performed to a possession to be owned: "that you have," with the lām of ownership. What is to be owned is a garden, from j-n-n, a confinement within a hollow that covers what it holds, its doubled nūn tightening the cover, and indefinite, not singled out; and what it is made of is two growths: date palms, from n-kh-l, a piercing ascent that stays held by its root, and vines, from ʿ-n-b, a grip that holds its water and joins its cluster. F-j-r then returns one verse later, stronger: a bare form has become faʿʿala, so the splitting is spread out, and a single indefinite object has become a definite plural; a river, from n-h-r, is a thrust that surges and runs on, unbroken, in its course. The place is "through the gaps of it," and kh-l-l is a run of gaps between things pressed close, the very word that fell at the start of the sura on what lies between dwellings. A verbal noun in the accusative then says the root a second time in the one sentence, and fastens it. The demand went down first to what lies under the feet, and then went in among the trunks.
﴾ Ou que tu aies un jardin de palmiers et de vignes, et que tu fasses jaillir des fleuves par ses interstices, d'un jaillissement. ﴿
« Ou » : une particule qui compte, non qui dit que l'un suffirait. La parole s'ouvre sur une particule de liaison, non sur une phrase nouvelle. Ce qui est dit est donc un seul dire, noué à ce qui précède, et ce qui a changé est un article dans une liste.
Et « ou », en pareil lieu, ne signifie pas que l'une des deux choses suffirait. Si la première avait suffi, la seconde ne serait pas venue. La particule compte les demandes et ne les clôt pas, et « ou » reviendra après celle-ci quatre fois encore.
« Que tu aies un jardin » : un passage d'un acte à accomplir à un bien à posséder. La première demande était un acte rivé à lui : « tant que tu n'auras pas fendu pour nous ». Ici, le verbe est un verbe d'existence incomplet, et son attribut une préposition avec son pronom : « que tu aies », mot à mot qu'il y ait pour toi. On ne lui a pas demandé d'œuvrer, on lui a demandé de posséder.
Le lām est un lām de possession : ce qui est exigé doit revenir à lui-même. C'est le premier de deux biens sur la liste ; le second est une maison qui vient plus loin. On lui a d'abord demandé de faire, puis on lui a demandé d'être quelqu'un qui a.
Le jardin, de j-n-n, est une rétention dans un creux qui couvre ce qu'il contient, et le nūn est redoublé, si bien que la couverture se resserre. C'est un espace clos qui cache ce qu'il renferme, non une étendue ouverte que l'on voit de loin. Il vient indéfini : un jardin quelconque, non tel jardin.
« De palmiers et de vignes » : une matière nommée après un espace qui ne l'a pas été. Min explique ici de quoi l'espace est fait. Le jardin n'est décrit ni par une étendue, ni par un lieu, ni par le nom d'un possesseur, mais seulement par ce qui y pousse.
Les palmiers, de n-kh-l, sont une montée perçante qui reste tenue par sa racine dans le sol : un tronc qui perce vers le haut sans quitter son lieu de plantation. La vigne, de ʿ-n-b, est une prise qui se soude et garde son eau, puis se joint à sa grappe et s'y tient. Les deux nommés sont donc deux plantes : l'une s'élève sans se détacher, l'autre serre son eau et s'accroche. Toutes deux tiennent l'eau enfermée au-dedans.
« Que tu fasses jaillir des fleuves » : la racine revient en deux versets voisins, et se renforce. C'est la racine par laquelle la première demande a été dite, de retour un verset plus loin. F-j-r est une fente qui libère un amas retenu pour qu'il coule. Mais sa forme ici n'est pas sa forme là-bas.
C'était tafjura, à la forme nue ; c'est devenu fa-tufajjira, sur la mesure faʿʿala. Le redoublement de la lettre médiane multiplie la fente et la répartit en plusieurs lieux. Le complément était « une source jaillissante », unique et indéfinie ; il est devenu al-anhār, les fleuves, pluriel et défini. Une seule source que l'on ne connaît pas est devenue des fleuves connus.
Le fleuve, de n-h-r, est une poussée qui jaillit du creux et court sans rupture dans son lit. Ce qui est demandé n'est donc pas seulement que l'eau sorte, mais que soient creusés des sillons où elle coule sans s'arrêter. Une demande qui commence par une seule source hors du sol et finit en réseau de canaux.
« Par ses interstices » : le mot que la sourate a déjà dit des demeures. Kh-l-l est une suite de jours entre des choses serrées. Le khilāl n'est donc ni ce qui entoure une chose ni ce qui est dessous, mais ce qui se tient entre ses parts serrées l'une contre l'autre.
Ce mot même est venu au début de la sourate, dans « ils allèrent et vinrent par les interstices des demeures ». Un seul mot tombe une fois sur ce qui est entre les maisons et une fois sur ce qui est entre les arbres : un lieu où l'on n'entre qu'en traversant la clôture. Le voisinage des deux se lit, et rien ne s'y ajoute.
Regarde où la demande est allée. Sa première forme était dans le sol commun sous les pieds ; celle-ci est au creux d'un enclos couvert. La fente a été demandée dans ce qui est à tous, puis dans ce qui est à soi.
« D'un jaillissement » : un nom d'action qui arrime son verbe. La demande se clôt sur le nom d'action de ce même verbe, à l'accusatif. Le complément absolu n'ajoute aucun sens nouveau ; il ne fait qu'arrimer l'acte et empêcher qu'on le prenne pour une figure.
Dans cette phrase, la racine est donc dite deux fois : en verbe, puis en nom d'action. La fente a été dite, puis redite, pour qu'on ne l'entende pas en deçà de ce qui était voulu. Qui reprend son mot pour s'assurer d'être compris a voulu une chose qui ne se marchande pas.
Une particule de liaison ouvre un second article, sans signifier que le premier suffisait. Puis la demande passe d'un acte à accomplir à un bien à posséder : « que tu aies », avec le lām de possession. Le bien est un jardin, de j-n-n, une rétention dans un creux qui couvre ce qu'il contient, son nūn redoublé resserrant la couverture, et indéfini, sans être désigné ; et ce dont il est fait, ce sont deux plantes : les palmiers, de n-kh-l, une montée perçante qui reste tenue par sa racine, et la vigne, de ʿ-n-b, une prise qui garde son eau et se joint à sa grappe. Puis f-j-r revient un verset plus loin, renforcé : une forme nue devenue faʿʿala, si bien que la fente se répartit, et un complément unique et indéfini devenu un pluriel défini ; et le fleuve, de n-h-r, est une poussée qui jaillit et court sans rupture dans son lit. Le lieu est « par ses interstices », et kh-l-l est une suite de jours entre des choses serrées, le mot même qui est tombé au début de la sourate sur ce qui est entre les demeures. Puis un nom d'action à l'accusatif redit la racine une seconde fois dans la même phrase, et l'arrime. Une demande descendue d'abord vers ce qui est sous les pieds, puis entrée parmi les troncs.